Francis Chouquet Graphiste Lettering

Les 10 erreurs à éviter en webdesign

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C’est un article trouvé sur l’incontournable .NET Magazine qui fait réagir et rédiger cet article. Les différents points abordés par l’auteur, Craig Grannel sont très intéressants et nul doute qu’ils pourraient nous être à tous très utile ! 😛

Donc, plutôt qu’une traduction de l’article qui est vraiment très long, voici les différents points abordés, avec comme d’habitude, mon point de vue sur la chose…

1. Créer une interface utilisateur (UI) non-standard

Avec ce premier point, on rentre dans le vif du sujet ! Selon Craig et différents intervenants, il ne sortira rien de positif à vouloir réinventer le web ! Selon eux, injecter de nouveaux comportements serait équivalent à parler une autre langue que l’on ne connaît pas. Ils vont même plus loin en mentionnant que des designers ont bossé plus de 30 ans sur les interfaces utilisateurs web et « que ça serait étonnant que l’on puisse réussir à inventer quelque chose de mieux en un week-end ! ».

Depuis pas mal de temps, je me dis qu’il y a matière à améliorer l’existant en ce qui concerne les blogs. Du coup, cette première erreur va déjà l’encontre de mes pensées !! :mrgreen: Mais au final, je suis assez d’accord qu’il ne faut pas tout réinventer. C’est clair que l’utilisateur serait perdu. Par contre, je pense toujours qu’on peut améliorer l’existant. Suivre ce qui a été déjà fait en lui apportant des touches qui nous semblent intéressantes est très important. Innover ne veut pas forcément dire « tout réinventer ».

2. Un design inconstant

Par « inconstance », l’auteur veut parler d’harmonie, de logique. Si vous faîtes un design de site avec des boutons arrondis, faîtes en sorte que tous les boutons le soient. Garder un style est très important, non seulement pour avoir un design cohérent, mais aussi et surtout pour faciliter la visite de l’internaute. Il faut vraiment que le design tienne debout. Idem pour les centrages. A ce niveau-là les systèmes de grilles peuvent être d’une grande utilité.

3. Suivre la foule

Ici, on retrouve quelque peu la polémique autour du style web 2.0. Les modes passent et nous sommes la plupart à les suivre. Pourtant, ne devrions-nous pas passer plus de temps à chercher une certaine créativité plutôt que de foncer tout de suite dans ce qui est déjà connu, vu et revu ?

C’est vrai que pour se démarquer, mieux vaut être en dehors de ces effets de mode et avoir son propre style. Cela dit, il arrivera très souvent où c’est le client qui va décider des styles à adopter. Et bien souvent, ici encore, ces choix seront influencés par ce qui se fait sur le web, donc, de fortes chances qu’on y retrouve les principaux courants actuels.

Quoi qu’il en soit, n’est-ce pas non plus le rôle du webdesigner d’être force de proposition est d’être là pour accompagner le client et lui proposer des solutions adaptées à ses besoins ? 😉

4. Penser le design avant le contenu

C’est peut-être l’erreur la plus courante: penser le design alors que l’on ne connaît pas encore le contenu du site… Pas mal de designers interrogés ici disent que c’est parfois inévitable, qu’ils doivent commencer à bosser et avancer sans pour autant avoir une notion bien précise de ce que le contenu va être.

Craig parle ici de mantra « le contenu est roi ». En effet, on va, une fois de plus de revenir sur le visiteur, mais si celui-ci tombe sur un design qui n’est pas du tout en relation avec le contenu du site, il risque d’être quelque peu perturbé. Il est donc important d’adopter des règles pour qu’il y ait une cohérence ici aussi entre les couleurs, par exemple, et le contenu du blog.

L’article cite un très bon article de 37signals pour commencer à penser dans ce sens.

5. Se focaliser sur la dernières version d’un navigateur ou d’un plugin

Encore une majorité de personnes qui surfent sur le web utilisent des versions antérieures de navigateurs ou de players tel que Flash. Vu ce que représente ce pool d’internautes, ce serait une erreur de ne plus les prendre en compte. Cela ne doit pas vous empêcher de développer des sites « avancés », mais pensez toujours à celui qui utilise Internet Explorer 6, une vieille version du player Flash et qui a peur de modifier quoi que ce soit, ou encore celui qui a le Javascript de désinstallé pour des raisons de sécurité.

6. Créer des sites Flash au style HTML

Ici, le titre aurait tout aussi bien être « Utiliser la mauvaise technologie ». On voit trop de sites créés avec Flash et qui ont un style très HTML. Ce qui pose un problème de taille puisque sa navigation est différente d’un site HTML classique. Ici, on ne peut pas zoomer et sélectionner un élément de la même manière. L’utilisateur peut se retrouver rapidement perdu, alors que la technologie Flash peut apporter tellement d’éléments qui ne sont pas « accessibles » par le HTML ( jeu de mots un peu pitoyable…).

7. Ne pas bien définir le sujet du site

Dès lors qu’un internaute va venir sur votre site, il va vouloir trouver une info rapidement. Afficher simplement et de manière visible le sujet du site pourra simplifier considérablement sa visite. Ne pas trop savoir où il attérit risque de le faire fuir, alors que de lui montrer qu’il est tombé au bon endroit fera qu’il aura rapidement la sensation que se recherche va aboutir, voire même au delà de ses espérances.

A ce sujet, un intervenant dit: » il n’y a aucune raison pour forcer le visiteur à aller sur votre page « A propos » pour savoir de quoi il en retourne. Peu importe si le site est beau, s’il ne sait pas trop où il est, le visiteur quittera rapidement sans même chercher ce pour quoi il est venu… ».

C’est à ce niveau-là que la page d’accueil à de l’importance. Plutôt que de fournir un maximum d’informations qui ne vont pas pour autant aider le visiteur, pourquoi ne pas proposer un encart où l’on explique le contenu du site ?

8. Ne pas écouter

Ici, on parle de ne pas écouter les souhaits des clients, les demandes des utilisateurs, remarques de sa communauté, voire même ses propres pensées. Ici, selon le célèbre Mark Boulton, « le design est là pour résoudre des problèmes. Et pour se faire, il faut poser des questions et écouter les réponses, sinon comment allez-vous savoir quel est réellement le problème ? Et surtout, si la réponse que vous allez apporter correspond à leurs attentes… ».

Ca c’est un truc qui est souvent sujet à discussion sur les blogs. Bien souvent, quand un blogueur pose des questions à ses lecteurs concernant certains points du site, comme le design, mais aussi le contenu, certaines réponses sont plutôt dures: » Attends, c’est ton blog, t’en fais ce que tu veux ! Pourquoi venir demander ici comment tu dois faire ? » Peut-être parce que le lecteur peut également avoir des attentes ?

Ici, je parle du cas des blogs, ce qui est assez différent du web en général, mais je pense qu’en même qu’il important de demander parfois l’avis de ses lecteurs pour avancer, voir orienter les choses, tout en gardant en ligne de mire qu’un blog est avant tout un plaisir et qu’il doit le rester. A moins que vous en fassiez un business…

Quoi qu’il en soit, quelque soit le type de site web, il est toujours important de tenir compte des remarques, des retours des utilisateurs. C’est valable pour le web comme pour tout.

Toutefois, Mark Boulton insiste bien sur le fait qu’il faut également écouter son instinct. « 9 fois sur 10 vous aurez raison ».

9. Layouts CSS inflexibles

Ici, on parle principalement d’air !! :mrgreen: Beaucoup de sites sont fait par plusieurs personnes et bien souvent, les sites sont bouchés, surchargés, voire déstabilisés par des marges trop réduites. Bien penser à aérer le tout et permettre certains aménagements peut être très importants.

A ce niveau-là, Bart Szyszka, designer pour le NYTimes.com, affirme que bien souvent les designers spécifient des marges et des padding là où il n’y en a pas besoin. Si les « divs » sont flottantes, ont une taille précise et fixe et des marges, alors le site manque d’air et peut même étouffer sous Internet Explorer 6 !! ».

10. Flair visuel plutôt qu’expérience utilisateur

C’est peut-être le point le plus dur pour le créatif, mais c’est sûrement le plus important. Plusieurs fois ci-dessus nous avons affirmé que l’utilisateur devait être au centre de nos préoccupations. Je le répète mais bien que le site soit super beau, s’il a une interface utilisateur pauvre, les visites sur son site resteront courtes. Pour Ian Barrington-Light, l’expérience utilisateur ne doit pas prendre le dessus sur la créativité mais devraient plutôt travailler ensemble.

Et finalement, ce dernier point reprend la plupart des différents sujets abordés précédemment. C’est très bien d’avoir un beau site, mais il faut que celui-ci soit facilement lisible par l’internaute lambda. Et pour cela, il faut avoir un design clair, aéré, cohérent, avec des infos facilement repérables. L’oeil humain a toujours besoin de se focaliser sur un point.

Qu’en pensez-vous ? L’article a-t-il oublié un point qui selon est incontournable ? Ou alors, pensez-vous également que tout tourne autour de l’utilisateur et que le design doit en quelque sorte « habiller » le site au regard des attentes des internautes ? A vous la parole ! 😉

24 Commentaires

  • Je suis d’accord avec tous le points soulevés. Je dirais aussi : enlever tout ce qui n’est pas nécessaire. Souvent on intègre trop de fonctions à la fois dont peu sont réellement utiles, ou utilisées. A la fin ça donne des usines à gaz impossibles à mettre à jour. Un autre point serait donc : Laisser la possibilité de faire des mises à jour facilement.

  • Je suis également d’accord avec tous les points énoncés.
    Sauf que.. le numéro 1 pose problème. Ok pour un webdesigner ou un intégrateur axé + dév mais le mec qui est un peu artiste à sa manière considérera ce point comme une hérésie ! Si on veut que le design web évolue, faut se sortir la souris du c..l !!!

    Donc je suis entièrement d’accord avec ta critique vis à vis de ce point.. Je pense même que le mec fait erreur : on dirait qu’il n’a vu le truc que sous l’angle des logiques économiques du métier. Ok il faut vivre et pour cela vendre du web, mais est-ce pour autant qu’il ne faut pas innover…?

    @+ 😉

  • redpeppers > Effectivement, c’est ce que je me dis également. Et c’est un truc que l’on doit apprendre également quand on est freelance: il faut de l’alimentaire mais il faut aussi de l’expression, sinon on meurt rapidement. Maintenant, il y a pas mal de webdesigners qui sont embauchés au sein d’entreprises et eux n’ont pas toujours le choix…

    HS: j’adore l’expression « se sortir la souris du c..l » !!! :mrgreen:

  • Salut,

    Comment ne pas être d’accord ? Toutefois, il manque une info qui me semble vraiment importante : c’est le poids de la page d’accueil.

    J’ai d’ailleurs consacré un article à cette question et aux problèmes rencontrés par d’autres pays francophones qui ne bénéficient pas de l’Adsl.

    http://www.leflambeau.com/qui-lit-le-flambeau/

    Bien sûr, tout dépend du public visé.

    Toutefois il me semble assez gratifiant de constater que d’autres pays viennent puiser des infos sur nos sites français, car ils n’ont pas toujours la possibilité de s’exprimer dans leur pays.

    Actuellement, je cherche une manière d’alléger un maximum les pages afin de ne pas participer malgré moi à la « fracture technologique ».

    Bien à vous tous,

    Vigo

  • @francis : on est bien d’accord 🙂

    oui après bien sûr qu’on a pas toujours le choix, et que tout le monde n’a pas le choix, mais disons qu’il est quand même nécessaire que le métier garde un coté créatif.
    😉

  • Assez d’accord avec ce qui est énoncé ci-dessus, sauf le premier point. Comme beaucoup apparemment, je pense que certes il ne faut pas perdre le lecteur, mais il faut aussi savoir innover. Ce sont les gens qui ont su apporter une touche d’originalité qui sortent finalement du lot.

  • Colonel Parker

    En gros, d’accord. Sauf le point 4, comment penser globalement si on commence par le design sans se soucier du contenu – donc des infos et des attentes du client.
    Voilà une belle façon de mal commencer une relation commerciale.
    On peut bien entendu commencer par des pîstes et propositions créatives et ensuite recadrer en fonction du contenu, mais à mon sens c’est une perte de temps.

    Un point qui n’est pas abordé, c’est le traitement du contenu. De nombreux sites ont un design sympa et efficace, mais le contenu est à ch… On n’écrit par sur le web comme pour une brochure ou une annonce. Il est temps que les webdesigners sensibilisent le client afin de créer une harmonie entre contenant et contenu.

  • Tout à fat d’accord avec l’article.

    Mais je me demande pourquoi justement on en fait un article. Bien que des rappels soient nécessaires, je trouve que c’est plus du bon sens qu’autre chose:

    -Bien utiliser les différentes technologies,
    -Penser à tout le monde (navigateurs et connexions),
    -Ne pas ré-inventer la roue tout en apportant sa touche de créativité.

  • Colonel Parker > Je ne suis pas sûr de bien comprendre ton propos. le point 4 dit qu’il ne faut pas mettre le design avant le contenu et je crois que c’est aussi ce que tu dis, donc si j’ai bien tout compris, tu es d’accord avec le point 4 ! Non ? 😉

    Rick Hunter > On en fait un article pour se rappeler de temps en temps des principes à ne pas oublier. Et puis, ça sert aussi ceux qui débutent !! ^^

  • Entièrement d’accord sur la plupart des points ce qui me conforte dans mon idée principale : 1/3 design 2/3 contenu de qualité, les 2 étant indissociables l’un de l’autre.

    Je partage également l’avis d’Anthony, trop de fonctions c’est oublier l’utilisateur au fond. Un certain côté minimaliste est à prendre en compte ; d’ailleurs n’est-ce pas là un pan de la réussite de Google ou même de Wikipédia : de la sobriété et de la clarté ?

  • Pas d’accord sur le point IE6. En entreprise, s’occuper de IE6, c’est une perte d’argent, pour au final pas grand chose. Certes le site est accessible, mais mince, c’est une catastrophe de développer sur ce site là.
    Sur des sites un peu complexes, il faut presque revoir l’intégralité du code pour que le site soit compatible.
    Ce que j’en dis? Oublier IE6, et diriger l’utilisateur vers l’utilisation d’un navigateur plus récent.
    Une chose est sure, plus de sites feront ça, plus les utilisateurs feront le choix d’en changer. Et je pense que tout le monde y trouvera son compte, pour des raisons diverses et variées : couts, temps, sécurité, fiabilité…

  • Le point 4 est selon moi un des points les plus mauvais dans les design, mais tellement vrai 🙂

    Sinon prévoir son design sur du long terme (quand il y aura pas mal de contenu sur le site par exemple) est important

  • Sur le troisième point, je me pose les mêmes questions : pourquoi le client se focalise-t-il sur un style « sur-utilisé », qui ne correspond pas forcément au thème de son contenu? Et surtout pourquoi certains s’obstinent à refuser les propositions, la plupart du temps raisonnables, des designers?

    Et oui, ces quelques questions me trottent dans la tête ; je pense que le designer a une part de conseil à fournir et surtout que ceux ci soient pris en considération 😉

  • mimipunk > En fait, il faut trouver un juste milieu et une entente « juste ». D’un côté, le client a ses idées et bien souvent il vient te voir pour mettre en place ses idées. Mais il y en a également d’autres qui viennent et qui ont besoin de tes conseils. Le designer est également là pour ça. Maintenant, du côté du designer, il faut aussi être force de propositions, sans rien imposer. C’est établir une collaboration avec le client. Ensuite, il existe des clients qui ne veulent rien entendre et aussi des designers qui forcent pour imposer leurs idées et d’autres qui acceptent tout sans broncher…

    Donc, je pense vraiment que c’est au designer de se positionner comme consultant, sans le vendre, mais juste en étant force de proposition, en étant là pour aider le client… Après, ça passe ou pas…

  • Francis> Oui après tout le designer est là pour mettre en forme ce qu’on lui demande. En tant que prestataire, le designer propose des idées, mais si le client s’obstine sur son idée de départ, ce n’est plus le problème du designer 😛

  • mimipunk > Oui, mais le designer n’est pas non plus obligé d’accepter si ça ne correspond pas à sa manière de voir la chose… Ca aussi faut apprendre et ne pas toujours dire oui et perdre de vue ce pourquoi on fait ce métier ! 😉

  • Francis> Ce n’est pas faux non plus, mais après vient un problème de temps consacré à un client : je pense qu’il y a un moment où il faut savoir accepter des idées « farfelues » du client ou bien tout simplement les refuser pour pouvoir passer à autre chose 🙂

    Enfin c’est un point de vue un peu plus industriel 😛

    SI on prend ça d’un côté plus « temps libre », je suis tout à fait d’accord avec toi 😉

  • mimipunk > Oui, c’est bien ce que je dis mais je ne pense pas que ce soit une histoire de temps libre ou d’industriel. Je pars du principe, et peut-être à tort, que tu bosses en freelance pour choisir tes projets et faire des choses intéressantes. Personnellement, c’est ma vision et je n’accepterai pas des trucs qui ne me plaise pas ou que je sens vont être compliquées !! 😀

    Mais j’ai des amis qui pensent l’inverse, qu’il faut bien vivre et gagner sa vie… Ce qui est certes vrai, mais mieux vaut se mettre des limites tout de même !! :mrgreen:

  • « Ils vont même plus loin en mentionnant que des designers ont bossé plus de 30 ans sur les interfaces utilisateurs web »

    30 ans ? Tout ça ?

    Du coup :
    11. Eviter les boulettes.

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