Francis Chouquet Graphiste Lettering

Going Solo, où comment réussir son switch en tant que freelance

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Se lancer en indépendant, c’est vraiment le top… à condition de prendre en compte tous les aspects d’un tel changement. Ca fait un moment que j’amorce le changement définitif pour travailler à 100% en webdesign. Exit l’illustration et la peinture qui resteront tout de même des passions, et place à la création de sites web, avec ou sans blog d’ailleurs ! 😉

Je réalise fréquemment des travaux de web ou de blogdesign depuis pas mal de temps maintenant et je dois dire que j’ai été surpris par la proportion que certaines activités peuvent avoir sur mon quotidien: emails, Twitter, déplacements, repas business, etc. Et ces activités prennent surtout du temps sur les projets qui sont mes sources de revenus ! Il faut également prendre en compte tous les aspects légaux, comme les taxes, la sécurité sociale, la comptabilité et la facturation. Là encore, ça prend pas mal de temps…

J’ai pas mal cherché de livres ou de sites web parlant du freelancing sans pour autant trouver beaucoup d’informations, hormis l’excellent Freelance Switch. C’est à ce moment-là que j’ai entendu parler de Going Solo, une sorte de séminaire pour freelancers du web organisé par Stephanie Booth.

Going Solo Conference for freelancers

Going Solo est donc une conférence, dont le but est de permettre à chacun qui souhaite se lancer en indépendant, de mieux en cerner les enjeux, de bien comprendre de quoi il en retourne et surtout d’échanger avec des freelancers confirmés. En gros, on vient à ce genre de conférence avec la tonne de questions et on repart avec pas mal de réponses et surtout une panoplie complète de trucs pour s’en sortir, bien gérer l’ensemble de ses projets et ne pas se laisser submerger par toutes les tâches qui nous passionnent guère.

La conférence se tenait donc ce vendredi 16 mai, sur une journée donc, et sur Lausanne. Au cours de cette journée, différents intervenants partageaient un peu leur savoir et leur connaissance. Les thèmes abordés étaient très concrets et pratiques. Pas de conférences pompeuses et théoriques. Là, on était vraiment dans le quotidien du freelancer.

Je me suis dit que ça pourrait intéresser ceux d’entre vous qui bossent en freelance d’avoir une sorte de compte-rendu de cette journée. Ce n’est pas forcément un CR complet, mais plutôt une interprétation personnelle des conférences. Les vidéos des différentes interventions ont été également mises en ligne, pour les plus courageux d’entre vous, et surtout pour ceux qui sont anglophiles (désolé si la page prend du temps à charger du coup… 😉 ).

Voici un peu ce que j’ai pu retirer de cette journée, axée, je le rappelle sur les métiers du web et des médias:

Laura Fitton: You Only Get What You Give (Marketing and taking care of one’s social capital)

Laura Fitton est une consultante en « social media » qui a battit une partie de sa promotion et de sa communication sur Twitter. Pendant sa présentation, elle va développer, un par un, les aspects qui lui permettent de penser que Twitter est un formidable outil de communication.

Alors bien sûr, ce type de communication ne « parle » pas forcément à tout le monde, et comme elle le dit si justement, Twitter c’est une question d’ADN. Pour utiliser et profiter de Twitter, il faut aimer ce type d’outil, l’utiliser de manière naturelle, et bien ressentir les avantages que l’on peut en tirer. Mais si vous maîtrisez le truc, vous pouvez en faire un outil de comm redoutable et tout ça gratuitement !! … ou presque… :mrgreen:

Dennis Howlett: The Joys of Tax and Finance

C’est bien joli de vouloir se mettre à son compte, de vouloir gagner plein d’argent… Faut-il encore penser à s’occuper du côté « déclarations » et « impôts ». Dennis Howlett, très calé sur la chose, bien que vêtu d’une tenue « hawaïenne » 😉 , nous a bien fait comprendre qu’il y avait certains pays plus intéressants que d’autres pour travailler en freelance. Par exemple, la France et l’Espagne se semblent pas, à ses yeux, être les meilleurs endroits pour se faire un petit magot confortable, les charges sociales venant souvent plomber les revenus. De ce côté-là, je suis bien content de vivre en Suisse !! :mrgreen:

Ce que j’ai pu en tirer c’est qu’il est très important de bien s’entourer dès que l’on décide de se lancer. Trouver un conseil financier au niveau local est une aide inestimable dès le départ.

Panel moderated by Suw Charman: Setting Rates and Negotiating with Clients (Martin Roell, Stowe Boyd, Dennis Howlett)

Point très important quand on se met à son compte: quels tarifs allons-nous appliquer ? Là, le panel proposé était très intéressant parce que les intervenants avaient des avis différents. Certains étaient pour le tarif journalier, alors que d’autres étaient pour proposer un tarif par projet… Et pour fixer le bon taux, idem, des avis divergents. Les uns pensent que la meilleure solution est de fixer un taux en fonction de ce que l’on veut gagner, alors que d’autres pensent qu’il faut au préalable voir qui est le client et ce qu’il est prêt à mettre sur la table.

En ce qui me concerne, j’ai retenu une idée que j’utilise déjà depuis plusieurs mois:

  • Commencer par établir son besoin minimum mensuel,
  • Diviser ce montant par le nombre de jours travaillés sur des projets rémunérés ( ne pas compter les jours de déplacements, le temps passés sur la communication, le networking et j’en passe… ),
  • le tout vous donne un tarif journalier MINIMUM, en dessous duquel, vous ne descendrez pas

Cette technique est un peu basique mais elle me paraît bonne dès lors que l’on est encore un « roukie ». Mais n’oublions pas que c’est un tarif minimum et que donc ce n’est pas forcément le prix à pratiquer d’entrée de jeu. Martin Roell, un des intervenants, pense qu’il faut faire quelques tests en faisant quelques propositions peut-être « hors limites », mais qui vous permettrons de voir jusqu’où vous pouvez aller. Ainsi, vous aurez une idée du plafond à ne pas trop dépasser mais aussi du minimum vital en dessous duquel un projet n’est pas intéressant financièrement.

Là-dedans, il faut également tenir compte de la valeur de votre travail, qui va évoluer au fur et à mesure des années. Les intervenants ont évoqué la notion de concurrence qui a tendance parfois à jouer un rôle dominant dans la manière qu’on va avoir à fixer un tarif. Leur réponse, là-dessus, avec le vécu qu’ils ont, est assez intéressante:

Le client doit venir vers vous parce que vous êtes unique. Vous vous distinguez des concurrents d’une manière ou d’une autre et le client vous veut. Ainsi, au fur et à mesure, vous vous faîtes un nom et vos prétentions seront égales à votre valeur et non pas à la comparaison des concurrents.

Là, interviennent encore une fois le côté social du web et notamment les blogs. La majorité des personnes présentes à cette conférence ont leur blog et l’utilise de manière plus ou moins détournée comme outil de communication. Je suis plutôt bien placé pour en parler puisque c’est Fran6art qui m’apporte aujourd’hui la majorité de mes projets, alors qu’il n’existe pas principalement pour ce but.

Je n’ai pas créé un blog dans le but de faire de la pub pour mon business, c’est mon blog qui m’a fait devenir « freelancer » !! … Le pire c’est que c’est vrai !! :mrgreen:

Suw Charman: When Passion Becomes Profession (Balancing Work and Life)

Quand on bosse en freelance, on a tendance à ne pas trop regarder les heures qu’on passe à travailler. C’est un peu comme quand on a un blog ! 😉 Malgré tout, il faut garder un certain équilibre, une certaine organisation pour pouvoir avoir une vie professionnelle et personnelle pleines et épanouies. Beaucoup de freelancers travaillent de chez eux, ce qui est parfois très difficile pour faire la part des choses et séparer le privé du pro.

Au cours de cette présentation, l’intervenante, Suw Charman, a bien insisté sur différents points. Il faut garder ses soirées et ses week-ends pour soi. Si on veut tenir la distance et ne pas faire de « burnout », c’est vraiment très important. Autre point important qui a fait sourir bon nombre de participants et qui semble être la chose la plus importante à retenir: NE PAS OUBLIER DE SE NOURRIR ! Idem, on retrouve un peu les problématiques des blogueurs fous…

Le souci, c’est que quand on vit de sa passion, il est parfois difficile d’en sortir, que ce soit le soir ou les week-ends. Sa solution ici est de se trouver une autre passion ! Personnellement, je pense que quand on a une famille, cette autre passion est toute trouvée et il faut en profiter un maximum. C’est un bon moyen de « couper » et de penser à vivre. Sinon, il faut se trouver un autre truc à faire, loin de l’ordinateur, de préférence… 😉

Martin Roell: Self-Organisation for Effectiveness: Tools and Methods to Get Things Done

J’attendais cette conférence avec impatience. Comment bien s’organiser pour faire les choses en temps et en heure ? Ici, Martin nous a proposé pas mal de solutions simples mais qui tournent toutes autour d’un même concept: la discipline. Sans cette discipline, difficile de réussir.

Le truc ici est de ne pas faire 36 choses en même temps. D’ailleurs, à ce niveau-là les intervenants étaient assez unanimes. Faire une chose à la fois est ce qu’il y a de plus productif, voire même de gérer un projet à la fois et non, comme on est sûrement nombreux à le faire, accepter plusieurs projets en même temps.

Inutile également de se créer des listes (« to do lists ») qui font la centaine de lignes. Mieux vaut diviser les choses en actions et créer des listes pour ces différentes actions. Ca permet d’y voir plus clair et de mieux gérer le tout.

Enfin, Martin conseille de prendre parfois du recul pour garder cette discipline « active ». Pour cela, rien de mieux qu’un peu de méditation ou de sommeil pour recharger les batteries.

Donc, en gros, pour bien réussir comme freelance, il faut avoir une discipline et une organisation en béton. Trouvez les meilleures astuces pour bien gérer votre temps et vous serez incontournable. N’oublions pas que ces mêmes soucis d’organisation transpirent parfois jusque chez les clients, ce qui peut être négligeable à toute réputation professionnelle.

Panel moderated by Stephanie Booth: Solo in a Networked World (Laura Fitton, Linda Broughton, Stephanie Troeth)

Travailler en indépendant, c’est génial, mais ça ne doit pas nous dispenser d’être constamment en interaction avec d’autres personnes. Sinon, on finit seul dans son coin et l’aventure tourne rapidement au vinaigre… 😉 Ce panel avait donc pour objectif de voir comment travailler seul tout en restant en contact avec le monde extérieur.

Et une des réponses apportées m’a interpellé. Il s’agit du Co-working. Le concept est basé sur l’idée suivante: des bureaux sont proposés aux freelancers pour avoir un lieu en dehors de chez eux où ils peuvent travailler tout en payant une participation. Bien sûr, on peut toujours louer soit même un bureau, mais le concept de co-working propose de partager un bureau avec d’autres personnes, qui sont, elles aussi, freelancers, ou qui montent une start-up. C’est une bonne occasion de partager ces connaissances, d’échanger, de se connecter, voire de travailler ensemble. Qui plus est, ces espaces proposent parfois des salles de réunion, ce qui est toujours préférable que la maison, dès lors que l’on souhaite inviter des clients pour une réunion. Un autre avantage de ce concept c’est de pouvoir louer uniquement le temps passé dans les locaux. Si vous n’avez besoin que de venir 3 jours par semaine, vous ne payez que 3 jours par semaine.

Bien sûr les conditions peuvent être différentes d’une communauté de co-workers à une autre, mais je trouve l’idée vraiment géniale. Seul bémol à l’affaire c’est que ce concept est encore peu répandu par chez nous. Il commence à s’étendre aux US et en Grande Bretagne. J’ai commencé à me renseigner pour voir comment créer un tel espace sur Bâle. Je suis sûr que pas mal de personnes seraient intéressées…

Stowe Boyd: From The Far Side To The Dark Side: A Crash Course In Business Realities For Soloists

Pour moi, c’était la conférence qui « tue ». Déjà parce que Stowe Boyd est un personnage qui impressionne, mais aussi parce que son discours était très très intéressant. Le but de sa présentation était de bien nous faire comprendre que le freelancing n’est pas fait pour tout le monde. Je l’ai déjà dit plus haut, mais vouloir vivre de sa passion ne suffit pas pour réussir comme indépendant. Il y a derrière tout un travail de commercial et de comptable qui n’est pas forcément pour tout le monde. Stowe Boyd base le travail du freelancer autour de 3 concepts:

      1. Performing the work (Réaliser le travail en temps et en heure)
      2. Networking (très important de travailler en réseau)
      3. Selling (pour gagner de l’argent, il faut vendre…)

Réaliser les projets (1) est sûrement la tache la moins difficile puisque c’est le coeur de nos compétences. Ensuite, le fait d’établir des réseaux (2) autour de soi va nous permettre de connaître les bonnes personnes, de faire des rencontres qui nous seront très utiles pour réussir professionnellement. Pour moi, c’est de plus en plus le point primordial du freelancing, surtout si on travaille dans le milieu de l’Internet… Enfin, il faut vendre, prospecter, communiquer (3). Si vous n’êtes connus de personne, personne ne pourra faire appel à vous. C’est souvent très sympa de rencontrer du monde et de faire des connaissances professionnelles. C’est parfois toute autre chose que de vendre du projet, ne serait-ce que pour la partie négociation ou encore paiements… 😛

Stowe Boyd estime que les parties 2 et 3 peuvent parfois atteindre plus de 50% du temps de travail. C’est, selon lui, une des clés de la réussite…

Going Solo, une vraie bonne idée

Vous l’aurez compris, j’ai vraiment beaucoup aimé cette journée. J’aurais aimé rester pour la soirée (dîner et sortie organisées). Je devais rentrer sur Bâle, mais j’ai ouïe dire que le programme « OFF » avait été très riche également. C’est surtout le concept que j’ai beaucoup aimé. Déjà organiser une journée pour aider les freelancers à mieux gérer leur quotidien est une aide inestimable. Ensuite, l’idée de Stéphanie était de faciliter les échanges pour faire vivre ces conférences. Les présentations étaient donc parfois plus courtes que les questions/réponses qui suivaient.

Ensuite, le programme était vraiment bien articulé autour des besoins du freelancer. On sent que Stephanie connaît bien le milieu du fait de sa propre expérience. Et dans ce programme, j’y ai, personnellement, trouvé la plupart des sujets qui m’intéressaient de près. Et ce qui était assez fort c’est qu’au fur et à mesure des présentations, je me retrouvais dans pas mal d’exemples, ce qui me faisait dire que finalement, la plupart des questions que je me posais, l’ensemble des freelancers se les posait également.

Donc, que dire si ce n’est qu’il y a du pain sur la planche en ce qui me concerne ! Mais Going Solo est aussi une sorte de test pour voir si je me sentais complètement à mon aise dans cet environnement. Et là, je dois dire que je suis rentré motivé comme jamais ! Les mois et les années à venir nous diront si j’avais raison ! 😉

…Et un grand merci à tous ceux qui ont lu ce billet jusqu’au bout ! 😉

33 Commentaires

  • Je n’ai pas encore lu tout l’article mais je peux déjà te dire merci pour ce compte rendu, merci pour les vidéos qui m’aideront certainement à y voir plus clair sur certains points.
    Moi aussi je débute tout juste en tant que Webdesigner freelance.
    Je ne connaissais pas going-solo, la plus part des informations qui m’ont étaient utiles, je les ai lu sur 1dcafe.com (le forum est une mine d’info incroyable pour un débutant).

    Je retourne à ma lecture, merci 🙂

  • Salut Franc6,

    C’est bien, mais il faut prendre en compte la complexité française, notamment en terme administratif (même si cela s’améliore).

    En France, il est tentant de passer par la Maison des artistes (graphiste) ou l’Agessa (Web Design), qui permet de ne pas payer de charges, mais il ne faut pas oublier que vous n’êtes que très peu protégé (pas de retraite / pas de chômage).

    Alors vous vous dite que vous allez passer en Portage Salarial, cela peu être pratique pour tester une activité, mais même si l’entreprise vous salarie, vous n’êtes pas censé avoir droit au chômage (car il n’y a pas de lien de subordination entre la société de portage et vous). Donc cher parce que vous payez votre droit au chômage sans avoir le droit de l’obtenir, vive la France 😀

    Au final, vous vous dite, URSAFF BNC (Bénéfices non commerciaux), mais en réalité à y regarder de plus prêt, l’EURL (SARL unipersonnel) peut être plus intéressante car vous pouvez jouer entre l’IS (Impôts sur les société) plutôt que l’impôt sur les revenus, la sortie en bénéfice plutôt que les salaires et charges salariales. Et pour les frais (comptable…) c’est quasiment idem.

    Si l’administratif pour la création de société vous prend déjà la tête, donnez 500€ht à votre comptable et il s’en chargera 😀

    PS : Désolé pour le nom très SEO Friendly, mais c’était tentant 😀

  • Même si je ne suis pas un freelance et si je n’ai pas forcément envie de l’être, super billet, félicitations pour le compte rendu, qui a du te prendre du sacré temps à écrire, mais la lecture le vaut !

  • Pas du tout freelance mais toujours curieux de tout ça et en tout cas superbe article que voilà 🙂 Merci ! 😉

  • Merci pour ces premiers retours. Effectivement, il m’a pris pas mal de temps depuis dimanche, et contrairement au billet sur le WordCamp, je voulais faire celui-ci rapidement, pendant que mes pensées étaient encore « chaudes »…

    Alex > Pendant la présentation sur les taxes, le gars martelait plusieurs fois que financièrement la France n’était pas intéressante. Si on additionnait les taxes et les différentes charges, tu penses qu’il nous resterait combien au final ?? Dennis Howlett semblait dire que ça pouvait atteindre rapidement les 60%… Si c’est vrai, ça fait réfléchir…

  • Hello 😉
    Rapidement,
    Par rapport à la france, effectivement compte à peu près 60%.. Eh oué ça doit être bien différent en suisse j’imagine 😀

  • Il y a aussi peut être l’option de l’association ? Tu peux te salarier par ce type de structure juridique et ton capital perso n’est pas confondu avec ton activité.

  • Hey Francis je savais pas que tu te lançais dans une carrière freelance (j’ai pas du tout suivre!).
    Moi c’est pour septembre. Je pense que c’est à nous de créer une communauté
    française de webdesigner freelancer à la http://freelanceswitch.com/, qu’en penses tu ?
    Car moi j’ai bien l’impression que les démarches vont être bien compliquées et tout ce flou administratif me fait un peu peur…
    Ceci dit, bel article, j’aimerai vraiment la même chose dans notre beau pays !

  • David > Oui mais il faut un secrétariat (3 personnes je crois), qui lui ne peut pas être rémunéré !

  • Merci beaucoup Francis pour ce condensé de bonnes pratiques.

    Il y a une déclaration de Suw Charman qui me semble légèrement utopique, en tout cas dans mon domaine, l’infographie 3D d’architecture (et pour tous les bloggeurs): « Gardez vos soirées et vos week-end pour vous ». Ce qui est le plus souvent apprécié chez un freelance, outre son prix habituellement moins élevé que les grosses agences, c’est sa flexibilité… Pour la réalisation d’images de concours, je peux rarement dire « J’arrête à 18h00! ».

    Pour ceux que l’anglais ne rebute pas (mais ce serait dommage pour quelqu’un qui travaille dans le webdesign), je conseille le livre « The business side of creativity » par Cameron S. Foote. The complete guide to running a Small Graphic Design or Communication Business.

    Ce livre aborde une bonne partie des thèmes du séminaire et bien plus. C’est à ce jour le livre le plus complet que j’aie trouvé sur le marketing et le management d’une activité créative en freelance ou en petite structure (et j’ai beaucoup cherché!).

    Le livre étant américain, ne vous attendez cependant pas à trouver des informations sur le côté légal / taxation.

    Bonne continuation et bonne mise en pratique de tous ces conseils!

  • Laurent > Je crois surtout que ce que Suw voulait dire par là, c’est qu’il est important de passer à autre chose le plus souvent possible et garder ses soirées et ses week-ends le plus souvent possible. Maintenant, c’est clair que quand tu es en période de « chauffe », il faut bien bosser. Mais il faut toujours trouver autre chose à faire pour sortir un peu du taf dès lors que l’on travaille de sa passion… C’est une manière de prendre du recul et de ne pas être rapidement surchargé et surtout surmené.

    Sinon, je vais regarder ce bouquin de plus près, ça m’a l’air très intéressant ! Merci pour l’info ! 😉

  • Francis > J’avais bien compris le message de Suw 😉 mais je voulais faire comprendre au nombreux freelance-en-devenir qui lisent ton blog que travailler en freelance, ce n’est pas un boulot à 35 heures/semaine (pour les français).

    Un des éléments principaux pour réussir dans ce domaine est de parvenir à tisser des relations de confiance avec ses clients et ses prospects. Et pour cela, respecter ses engagements (délais, qualité) est essentiel même si cela veut dire travailler occasionnellement 16 heures par jour.

    Pour moi, la recette pour éviter le surmenage, c’est d’être passionné par son travail. Je préfère travailler 12 heures sur un projet qui m’enthousiasme que 6 sur un qui m’ennuie… même s’il rapporte deux fois plus.

  • Merci Francis, article trackbacké

  • Bonjour Françis,

    Moi je ne te dis pas merci, j’avais ma petite liste de tâches prévues pour aujourd’hui jusqu’à ce que le titre de ton post attire mon attention. Maintenant me voila irrésistiblement attiré par sa lecture. Tu as même poussé le vice en rajoutant 7 vidéos. Ca va au moins me prendre deux heures pour tout éplucher 😉

    Trêve de plaisanterie, merci beaucoup pour le temps que tu as passé pour nous faire partager cette expérience, c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup et ce post sera surement très utile à beaucoup d’entre nous.

    Juste une petite correction suite au commentaire de Alex qui écrit :

    « En France, il est tentant de passer par la Maison des artistes (graphiste) ou l’Agessa (Web Design), qui permet de ne pas payer de charges … »

    A l’Agessa comme à la Maison des Artistes, on paye des charges. Elles sont moindres qu’à l’URSSAF mais elles existent puisque ces organismes sont chargés de collecter les charges sociales des artistes auteurs.

    Je signale aussi que FreelanceSwitch à sortie un ouvrage sur l’activité de Freelance « How to bee a rockstar freelancer » que l’on peut trouver à cette adresse : http://freelanceswitch.com/book/

    A noter aussi en Français un petit livre bien utile : « Guide du graphiste indépendant » chez Pyramid de Christelle Capo-Chichi

    Je m’en vais lire en détail ton article, peut être à tout à l’heure pour un autre commentraire.

  • Laurent > « je préfère travailler 12 heures sur un projet qui m’enthousiasme que 6 sur un qui m’ennuie… même s’il rapporte deux fois plus ». Je trouve que ça devrait être une règle de base !! :mrgreen:

    Mais c’est vrai qu’être freelance n’est pas un travail de tout repos. Je dirais même que sur certains aspects c’est plus dur que d’être salarié, surtout si tu bosses de chez toi… Le truc c’est toujours de se fixer des limites ! 😉

    D’ailleurs, on devrait tous bookmarker ton article sur le GTD, c’est un must !! 😉

    Gilles > Merci pour tous ces livres, je vais aller y faire un tour également !! 😉 Et pendant que j’y suis, je te fais l’interview la semaine prochaine. En voyant cet article, tu comprendra sûrement pourquoi je voulais attendre quelques jours ! 😉

  • Hello,

    Petite pierre pour contribuer à l’édifice.

    Précision: indépendant depuis Une dizaine d’année.

    Globalement pour ceux qui en majorité sont créatifs et exercent donc essentiellement une activité de graphiste et de concepteurs graphiste (ce qui est mon cas) la Maison des artistes (sécurité sociale) + Régime BNC me parait être la solution la plus adaptée.

    Contrairement à ce qui a été dit plus haut, les membres de la MDA cotisent à l’assurance vieillesse (c’est obligatoire pour tous en France) et ont l’obligation de souscrire à un régime complémentaire l’IRCEC ( 4 ou 5 tranches de cotisations sont possibles).
    Les cotisations d’assurance vieillesse de base acquittées auprès de la Maison des Artistes ouvrent droit à une retraite du régime général.

    Pour ceux que le sujet intéresse je vous invite à consulter le Guide du graphiste indépendant
    http://www.amazon.fr/Guide-gra.....38;sr=8-12
    La maquette est pareil très réussie.
    Voila voila.

  • Très intéressant tout cela. Même si je ne suis pas totalement concerné car je ne suis pas vraiment un designer. M’orientant vers la création et l’hébergement de site pour une profession bien précise, certaines des recommandations présentées ici s’appliquent bien évidemment à mon cas.
    Merci de cette interpellation sur ces différents problèmes 😉

  • Tres intéressant cet article.

    Personnellement je vais d’abord travailler quelques années en entreprise pour acquérir de l’expérience et ensuite j’envisagerai, car je vais a peine fini mes études donc ^^

  • Voilà… très bon article… je lis beaucoup de choses sur le freelance… car je suis de plus en plus intéressé (pour moi ce sera du coté RIA).
    Mais bon la dernière chose qui me fait hésiter et bien ce dernier pas…. et ce problème d’être en France et que tout ça ne parrait pas très simple….
    Ce qui fait peur au final, ce sont les premiers mois….

  • Hello,
    Pour compléter mon précédent message voici un peu de littérature
    La grande enquête sur sur les métiers du design numérique (salaires, répartitions professionnelles etc)
    http://www.designersinteractif.....-en-france
    http://www.lulu.com/content/2236649

    Globalement après 10 ans de Freelancing je dirai que sous le statut MDA ou Agessa, c’est de loin le statut le plus intéressant car relativement privilégié au niveau des charges sociales. Par contre attendez vous a énormément de paperasses… Avec un peu d’organisation et de contacts on peut gagner sa vie et surtout travailler dans les conditions que l’on souhaite (par exemple face à la mer ) Seul bémol : n’espérez pas faire 35 h  et attention à votre vie familiale si vous travaillez à votre domicile.

  • Monsieur Alex > Merci pour le lien, très intéressante comme analyse mais je suis super outré de voir comment c’est dur d’être indépendant en France… C’est ambiance « intermittents du spectacle »… Mais je le vois de plus en plus dans mon travail. Seuls les prospects français n’ont pas d’argent à mettre dans ce genre de projets. Ce sont vraiment les seuls qui te disent qu’il ont super besoin d’un truc génial mais qu’ils n’ont pas le budget… C’est vraiment différent d’autres pays d’après ce que j’ai pu voir bien entendu… Mais rien que cette reconnaissance… quand on regarde de l’autre côté de la manche…

  • C’est marrant j’ai une vision un peu différente du métier (je ne parlerai que de ce je connais le graphisme interactif). Indépendant à mon sens pour que cela fonctionne ne doit pas ressembler au profil d’un « intermittent du spectacle » mais plutôt a celui d’un mini gestionnaire ou chef d’entreprise. Créatif certes mais qui doit être rigoureux dans sa gestion et en permanente prospection commerciale, savoir placer ses billes. Il faut trouver le juste équilibre entre rêveries créatives et opportunisme du marché. Ni pute ni saltimbanque. Une petite dose de veille éditoriale est un plus (le blog c’est bien 😉 )
    A mon sens les indépendants ont une certaine cote auprès des agences de com ou de pub, et pour la partie création pure ils sont devenus incontournables, c’est même pour beaucoup la seule façon de rester créatif.
    Ce qui est clair c’est qu’un indépendant dans une relation client/prestataire n’a quasiment aucune chance, sauf si le client et de petite dimension ou qu’une grosse société décide de se payer les talents de tel ou tel artiste. Je ne parle même pas des appels d’offres qui lui sont totalement hors de portée.
    Un indépendant en France, à mon sens ne peu s’en sortir qu’un s’associant à des fournisseur tiers réguliers type agence de communication, société d’édition multimédia ou agence de publicité. Chacun y trouve son compte : pour le travailleur indépendant ces intermédiaires lui permettent une certaines stabilité et relative garantie financière. C’est aussi l’occasion pour lui de rompre son isolement d’indépendant (c’est un détail qui sur du long terme a son importance) et de faire partie d’un ou plusieurs réseaux d’intervenants, de participer a des appels d’offres etc . Pour l’intermédiaire (boite de com, pub ou autre) c’est un apport d’air frais indispensable et une garantie de créativité sans nécessairement embaucher a plein temps un couteux D.A et c’est aussi un apport indéniable en recherche et développement.
    Autre petit constat. Aujourd’hui la multi-compétence semble de rigueur. Un graphiste « pur » semble avoir du mal à s’en sortir sans connaissance en développement et animation, s’associer a des développeurs purs, vidéastes et autres compétences complémentaires est un plus.
    Pfiouuu

  • Monsieur Alex > Je te suis entièrement sur ce coup-là. Je me suis peut-être mal exprimé dans mes précédents propos en parlant « d’intermittents du spectacle ». Je le prenais un peu comme tu bosses pour pas grand chose, ou faut ramer pour se faire une place confortable… En tout cas, c’est l’impression que j’en ai depuis quelques temps de part les discussions que j’ai avec certaines personnes ou en lisant certains articles.

    Par contre, en ce qui me concerne, j’ai une vision entièrement identique à la tienne. Le réseau est important. Travailler avec les les agences de comm et autres, c’est important, ça fait partie du business. Faut-il encore avoir cette fibre, et c’est que de nombreux freelancers négligent souvent… Et concernant les compétences, c’est clair, il y a de moins en moins de boulot pour les créatifs purs. Faut élargir.

    Moi je garde un fond créatif avec notion techniques, tout en sachant qu’à partir d’un moment je vais travailler avec des développeurs par exemple. Et puis, surtout et non négligeable, j’ai une activité conseil. Et ça, en terme de créativité et de revenus, c’est un autre monde que le webdesign. De part mon expérience passée dans le domaine et ma formation de base commerciale, j’essaie de percer de ce côté-là et de vendre des trainings, des activités d’accompagnement.

    En gros, faut élargir tout en gardant le fil conducteur. Le mien c’est la créativité. Toujours difficile à mettre en oeuvre mais c’est un besoin. Si je le perds, je me perds. Et c’est valable pour tout dans la vie, ce besoin de créer… 😉

  • je te remercie bienbpour les vidéos ! 🙂

  • khalid

    bonjour;

    je suis un infographiste au Maroc avec une bonne éxpérience et j’essai de travailler en freelance mais je ne sait pas la meilleur methode commerciale pour avoir des clients et aussi j’en sait comment je peux avoir des clients en france

  • Salut Francis,

    Avant tout… un big merci pour ton article passionnant !
    J’ai lu d’une traite et jusque bout 😉

    Pour ma part, je suis française vivant en Belgique, je possède une expérience de 15 ans (exlusivement française) en tant que graphiste/webdesigner et je me lance freelance en septembre 2010.
    La Belgique propose quelque chose de similaire à la MDA et Agessa mais je dirais grossièrement que cela fait plutôt office « d’intérim ».
    On preste et facture librement puis on récupère un montant net sur lequel est retenu +/- 55 %. Cela aide temporairement, bien que je connaisse des gens qui fonctionnent ainsi depuis des lustres mais quand tu atteins un certain CA, il faut quand même songer à te lancer seul(e).
    La Belgique n’est pas le meilleur pays pour s’installer à son compte et beaucoup (voire de plus en plus) de freelances ont du mal à payer leurs cotisations.

    Au plaisir de te relire !

    Bonne journée à tous.

  • Salut Francis,

    Avant tout… un big merci pour ton article passionnant !
    J’ai lu d’une traite et jusque bout 😉

    Pour ma part, je suis française vivant en Belgique, je possède une expérience de 15 ans (exclusivement française) en tant que graphiste/webdesigner et je me lance freelance en septembre 2010.
    La Belgique propose quelque chose de similaire à la MDA et Agessa mais je dirais grossièrement que cela fait plutôt office « d’intérim ».
    On preste et facture librement puis on récupère un montant net sur lequel est retenu +/- 55 %. Cela aide temporairement, bien que je connaisse des gens qui fonctionnent ainsi depuis des lustres mais quand tu atteins un certain CA, il faut quand même songer à te lancer seul(e).
    La Belgique n’est pas le meilleur pays pour s’installer à son compte et beaucoup (voire de plus en plus) de freelances ont du mal à payer leurs cotisations.

    Au plaisir de te relire !

    Bonne journée à tous.

  • aspects est

    Pour utiliser et profiter de Twitter, il faut aimer nike free tilbud ce type d’outil, l’utiliser de manière naturelle

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