Francis Chouquet Lettering + Logo Design

F6A_reflexions

Réflexions sur le positionnement du web designer freelance…

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Il y a deux semaines, j’ai reçu un brief pour un projet de refonte de site web. La lecture du brief se passe bien, il est détaillé, clair et précis. C’est suffisamment rare pour le préciser. Donc, tout va bien jusqu’à ce que je tombe sur quelques phrases qui précisent que le choix du prestataire se fera sur présentation d’une maquette pour 3 pages du site, la page d’accueil, une page produit si je me souviens bien et la page « pricing ».

Ca a mis un coup d’arrêt direct à mon intérêt pour ce cahier des charges. Je suis formellement opposé à ce genre de pratique que l’on appelle communément le « spec work » et qui consiste à faire faire les premières maquettes d’un site à différents designers histoire de pouvoir choisir celui qui aura fait la plus belle. Les autres pouvant aller « se rhabiller » et ayant perdu quelques journées de travail pour rien.

Je me décide donc à répondre au prospect en lui expliquant que je ne réponds pas à ce type de brief pour les raisons évoquées ci-dessus. Quelques heures plus tard, je reçois une réponse de ce même prospect qui m’explique de manière amicale qu’il fait comme ça parce qu’il a besoin de voir ce que le designer peut faire pour être sûr de bien choisir. Il me parle de la première version du site pour laquelle, visiblement, il n’a pas fait le bon choix (si j’ai bien tout compris). Il ne veut pas se planter une seconde fois.

Je prends alors le temps de lui répondre une nouvelle fois, pour lui expliquer que, selon moi, ce n’est pas la bonne manière de voir une future collaboration avec un prestataire en web design.

Autant vous dire tout de suite que je ne sais pas precisement comment ça se passe en agence, donc je ne parlerai ici que de mon expérience en tant que free. J’ai bossé de longues années en SSII mais c’était au début des années 2000 donc difficile de pouvoir se baser là-dessus pour comparer. Je ne connais pas bien le milieu des « web agencies ». J’ai travaillé plusieurs années pour une SSII mais je ne suis pas sûr qu’on puisse vraiment comparer. Si vous avez une expérience agence et que vous souhaitez la partager pour donner un point de vue different, surtout n’hésitez pas.

Voici donc, en substance, le type de réponse que je lui ai fait.

Il ne faut pas voir le web designer free comme un simple fournisseur ou sous traîtant mais comme un véritable partenaire – pour cela, il faut que les web designers freelance se vendent tels quels, ce qui n’est déjà pas évident.

En faisant quelques conférences web design en UK et une très bonne conférence à Lausanne, qui s’appelle Going Solo et qui est sur le freelancing (Je vous invite d’ailleurs à lire cet article que j’avais écrit à l’occasion), j’ai appris qu’il est très important de se vendre sur sa valeur. J’emploie souvent ce terme que je trouve très juste. Il faut apporter de la valeur à son travail et à sa personnalité pour se démarquer des autres. Certains seront tout simplement talentueux, d’autres seront bons communiquants et certains auront de brillantes idées de business. Mais, pour réussir, et être heureux dans son job de freelance, il faut se démarquer, créer sa propre valeur.

Cette manière de voir et de faire les choses va vous permettre de travailler différemment, notamment pour la prospection. Si vous communiquez cette valeur, vous allez vous faire remarquer, normalement positivement et bon an mal an vous risquez d’être contacté pour des projets, tout simplement parce que votre travail finit par être connu ou reconnu, ou tout simplement parce que vous communiquez parfaitement bien. Certains vont donc vous contacter parce qu’ils ont envie de bosser avec vous. Quelque part, c’est une finalité à laquelle on voudrait arriver. Tout le monde ne rêve-t-il pas de bosser avec des clients qui vous ont choisi parce qu’ils avaient envie de bosser avec vous et que du coup, ils vous laissent carte blanche et vous font entièrement confiance ? Et bien, en créant et en vendant votre valeur, vous risquez de tendre vers ça. Et d’une certaine manière, probablement naïve, j’ose à penser que si le marché français était plus peuplé de ce genre de frees, peut-être que la vision que les clients potentiels ont de ces mêmes frees serait différente.

Je dis ça parce que je l’ai plutôt bien perçu comme tel en Grande-Bretagne notamment. J’ai fait ma première conférence en 2007, au FOWD et j’ai assisté à un workshop d’Elliot Jay Stocks qui vendait justement ce dont je viens de parler. Idem au Going Solo de Lausanne, où un très bon orateur dont j’ai oublié le nom (^^) allait jusqu’à dire que cette valeur était la condition siné qua non pour pouvoir fixer des prix plus élevés, justement en phase avec la valeur estimée du travail fourni. Et donc, à l’issue de ces 2 conférences et en suivant de nombreux designers outre Manche, je me suis rendu compte, qu’effectivement, chez eux, il y avait bon nombre de clients qui recrutaient des freelances justement parce qu’ils avaient envie de bosser avec eux et qu’ils apporteraient leur style et leur patte à leur projet. Et oui, il ne faut pas oublier ça: le style est une partie de cette valeur. Savoir s’adapter à toutes les demandes est peut-être un argument de vente de certaines agences, mais je crois sincèrement qu’un free doit vendre son style, et le garder dans les projets qu’il fait.

Alors, pour revenir à mon brief et mon prospect, j’essaie de lui expliquer qu’il ne faut pas voir le free comme une vulgaire agence web quelconque mais vraiment comme un partenaire et qu’il faut le choisir, pas au hasard ou sur présentation de maquettes réalisées en avant vente, mais plutôt sur sa réputation, sa visibilité, son talent bien entendu, et notamment son portfolio, qui est justement là pour montrer de dont le designer est capable. Pourquoi pas essayer de parcourir le web pour voir s’il y a des infos sur lui. Le mieux étant de le contacter sur recommendation de quelqu’un avec lequel le designer a déjà travaillé. Bref, comme je le dis plus haut, ne pas le choisir ou le consulter par hasard.

Je lui parle de l’artisan, que l’on ne va pas choisir par hasard mais bien souvent parce qu’un ami ou une connaissance a fait appel à ses services et que ça s’est bien passé.

Encore une fois, il ne suffit pas de faire passer le message pour que les prospects changent tous leur manière de faire et de choisir leur prestataire web. Il faut aussi et surtout que les frees communiquent dans ce sens. Il n’y a que par là que les choses évolueront « sensiblement ». Parce qu’il ne faut pas se leurrer, tout ne va pas changer du jour au lendemain.

Après toutes ces explications, le prospect est revenu vers moi et j’ai senti que ce que je lui avais raconté lui avait plu. J’ai senti que quelque part c’était ce genre de relation qu’il cherchait et je suis convaincu qu’il n’est pas le seul. Mettons-nous à sa place. Il a des idées, mais souvent un budget étriqué, il ne veut pas se planter.

Bon, il y aura toujours ceux qui feront un choix par rapport à leur budget. Et si vous êtes trop haut, vous passerez à la trappe. Mais les clients et les projets les plus intéressants restent quand même ceux qui vont faire leur choix par rapport à la confiance qu’ils vous délivrent et à l’envie qu’ils ont de travailler avec vous.

Donc, designers, à vous de bosser dans ce sens, en montrant chaque jour de quoi vous êtes capables. Montrez votre travail, partagez vos connaissances, développez votre réseau via les médias sociaux par exemple. Montrez que vous êtes professionnels et par là démarquez-vous de ceux qui se voient simplement comme des sous-traitants, des agences à un collaborateur* et qui ne voient pas d’autres solutions que de se vendre à 10€ de l’heure pour gagner des projets. Ceux-là n’ont pas d’autres alternatives. Mais peut-être que vous avez suffisamment de valeur et de talent pour montrer autre chose aux clients potentiels. En tout cas, je suis convaincu que certains vous verront différemment. Le free est un professionnel comme un autre. Dans certains domaines, les frees sont vus comme des experts, pourquoi en serait-il autrement dans le web design ?

* Il serait probablement intéressant de développer ici aussi la stratégie à adopter quand on travaille seul: communiquer sur son nom ou se positionner comme agence, même si on est seul.

122 Commentaires

  • Clairement d’accord avec tout ça à 200% Francis, avec un gros focus sur le fait de se positionner en tant que « Web-Artisan » plutôt que comme une Agence Web 😀

  • en ce qui me concerne, je suis plus critique, et je suis plutôt de l’avis du client.
    celui qui paie, c’est lui, et je pense qu’il est aussi en droit de demander certaines choses, d’autant plus si il a eu des expériences précédentes malheureuses, c’est aussi une façon de se protéger. Proposer des maquettes fait selon moi partie d’une propal toute à fait ordinaire.
    Le client peut justement se faire une idée de tes valeurs, de ton savoir faire en ayant un échantillon de ce que tu peux faire.
    Parce qu’on sait très bien, toi le premier, que certains ne se foulent pas des masses pour proposer quelque chose de très modeste à un client « pour manger ».
    Vous êtes des artistes du web et comme tout artiste, il y aussi une part où l’on se mouille un peu. Pour arriver justement à se faire un nom, un réseau et à établir ce contrat de confiance dont tu parles plus bas.

    Donc peut être que pour un free, il faut plutot privilégier un portfolio fourni si j’ai bien compris 🙂

    PS. c’est mon expérience en web agency qui parle.

  • mygreg > Je comprends aussi le point de vue du client, c’est clair que c’est pas évident pour lui mais si tu te positionnes du côté du designer, on ne peut pas non plus passer du temps à faire des maquettes gratuites en espérant que l’on va être choisis. C’est pour ça qu’il faut que ceux qui en sont capables mettent la barre plus haut en montrant que ce sont des experts et en ayant une très bonne réputation. Du coup, on évitera ce que tu dis, à savoir « que certains ne se foulent pas des masses pour proposer quelque chose de très modeste à un client “pour manger”. C’est justement ça qui biaise la vision que l’on peut avoir de la profession.

    Maintenant, en agence c’est probablement différent et il y a les ressources pour bosser sur des travaux en Spec Work, un free ne peut pas se permettre de faire ça. Tu ne vas pas demander à ton plombier de faire les travaux avant de savoir si tu le prends non ?

  • Je suis on ne peut plus d’accord avec toi sur cette réflexion, mais il faut avouer que, même si c’est en quelque sorte le Saint Graal de tout web designer freelance ou en agence que d’obtenir « carte blanche » sur un projet, cette prise de position s’avère souvent difficile, et surtout en France.
    Après, si, comme tu le dis si bien, la notoriété, la reconnaissance et les clients sont là, c’est la meilleure des positions à prendre pour tenter de faire avancer les choses dans le bon sens.

  • Twikito > C’est clair que c’est pas évident pour tous d’aller vers ce positionnement. Il faut quand même avoir pas mal de qualités dans le sens qu’il faut faire du bon boulot, mais aussi et surtout bien communiquer, et on peut être très bon web designer et mauvais communiquant. Mais dans ce cas-là, il faut savoir se poser la question si on est fait pour bosser en free. Je pense que tout ça doit rester une tendance vers laquelle tendre, pour toujours aller vers une meilleure qualité du taf, une meilleure appréhension du marché et une meilleure communication.

  • Salut,
    Je suis également d’accord avec toi, même si je vais débuter mon apprentissage dans ce nouveau milieu en tant qu’Intégrateur Web dans 3 semaines ! Et oui, à 34 ans bientôt, on peut très bien se remettre en question et revoir son domaine de compétence ^^

    Moi j’arrive à comprendre les 2 cas, mais je serais plus penché sur ce dont tu parles. Ca me fait penser à tous les sites de logos par exemple qui te propose de bosser sur un truc mais au final, sur les 450 propositions, la tienne ne sera pas prise et les 449 personnes qui seront refoulées n’auront rien en échange pour le travail (pas même le droit des fois d’afficher ce taf sur son site…)

    bref juste un dernier point, il ne faut pas se baser QUE sur la réputation, sinon des débutant talentueux (mais débutant qd même) n’auront pas leur chance. C’est pour ça que c’est bien que tu es précisé qu’il faut aussi visiter le portfolio.

    Bravo en tout cas, bel article (comme souvent d’ailleurs…) 😉

  • TefDesign > Oui, il ne faut pas tout baser sur la réputation, mais quand même, quand un jeune débute, s’il est talentueux et/ou bon communiquant, il va rapidement se faire une bonne réputation ! 😉

    Sinon, bravo pour ta reconversion et bonne chance ! 😉 Moi j’ai fait ce changement de direction en 2005, à 31 ans et je peux te dire que je ne le regrette pas ! ^^

  • Francis > Merci !! Moi je vais dans une « Web Agency ». Des gens cool qui me donne ma chance et ça pourtant, c’est pas facile de nos jours. 😉 D’ailleurs ma futur agence te connais il me semble, soit tu as déjà bossé pour eux, soit ils t’ont demandé mais tu n’étais pas dispo 🙂

  • (ah, le voilà cet article…)

    Concernant le spec work, j’ai exactement le même argumentaire que toi : je ne bosse pas gratuitement + un presta se choisit sur book, pas sur test (ou alors rémunéré). C’est un discours qui est généralement bien accueilli car il est honnête et le commanditaire étant lui-même entrepreneur, il comprend très bien qu’on ne peut pas se permettre de bosser bénévolement.

    La « concurrence » des agences qui produisent des maquettes gratuites en réponse aux AO peut certes être considérée comme déloyale, mais sur le principe seulement : généralement celles-ci chasseront des marchés différents (plus gros) qu’un freelance seul. Un freelance ne peut pas se permettre de passer plusieurs jours sur un taf potentiellement non payé là où une agence a prévu la masse salariale suffisante pour absorber ce coût (et ce risque). Je ne suis pas sûr qu’il faille s’en inquiéter outre mesure, il n’est d’ailleurs pas rare que les agences fassent appel à des freelances (rémunérés) pour réaliser des maquettes fournies (gratuitement) aux clients dans le cadre d’AO : dans ce cas le risque est pris par l’agence mais le freelance est bel et bien payé quoi qu’il arrive.

    Pour en revenir au sujet, je ne pense pas qu’un positionnement (discount, qualité, niche, polyvalence, etc.) soit meilleur qu’un autre, le tout est de communiquer efficacement et clairement dessus pour être dragué par les clients qui correspondent à sa cible.

  • Bien content de voir cet article en ligne.

    Je rejoins ton opinion Francis.

    Pour ma part j’ai fais le choix de me spécialiser il y a environ 1 an.
    Je me présente donc comme un designer certes mais aussi comme un chef de projet (assistance MOA / mise en place et gestion d’équipe …).

    Ce qui à au moins le mérite de poser les bases d’une future discussion avec le prospect potentiel.

    Mon discours est similaire au tien, le lien client / free est un véritable partenariat.

    Côté client tu viens voir un expert qui sera capable de tenir compte de la demande initiale, mais aussi d’être force de proposition sur des

    choses plus implicites ou non exprimées.

    Ce n’est pas juste le ‘y a un brief, je fais ce qu’on me demande’.

    L’expérience me montre que c’est très apprécié par les clients. Je ne compte plus les fois où j’entends du : « Ah oui, on y avait pas pensé » ou encore « Mais évidemment ça tombe sous le sens ».

    Il y a un aspect conseil qui est pour moi très important, même lorsque l’on intervient que sur le design d’un projet.

    C’est parfois assez déroutant pour le client, qui est habitué à « faire ses courses », je commande, c’est livré, je paie.

    Je passe beaucoup de temps a expliquer mon process, que les deux parties doivent s’impliquer, qu’on ne fait pas un design ou un site

    internet seul.
    Quand je dis « seul », j’entends par là sans que le commanditaire soit partie prenante et actif dans toutes les phases d’élaboration du projet.

    Avec certain ça ne fonctionne pas, figé dans une attitude de consommateur achetant une nouvelle tapisserie à casto.
    Dans ce cas, c’est que nous ne sommes pas fait pour travailler ensemble et que je ne suis pas la solution à leur demande (et ça évite un projet boulet pas rentable).

    Mais en général, ce positionnement est très bien perçu. Et évite de base les demandes de maquettes gratuites ou autre.
    Le prospect prend conscience qu’il va avoir du vrai sur mesure, une véritable réponse à son besoin et qu’en plus il va y participer.

    De mon côté, on évite de se perdre en déclinaisons subjectives. Dès le départ je sais où je vais, la réponse graphique est forcement qualifiée et cohérente avec le besoin projet / cible.

    Et je dis bien avec le besoin projet / cible et pas « ça plait au client ». La nuance est importante.

    Alors concrètement, oui j’ai moins de demandes qu’avant.
    Mais celles que j’ai sont plus intéressantes et correspondent plus à ma cible.

    Le positionnement est primordial pour un freelance, avoir une idée précise de qui on veut toucher et de ce qu’on propose.

    Pour conclure voilà ce que je dis à mes stagiaires lors de mes cours aux Gobelins.

    Un freelance est un peu comme un couturier, il fait du sur mesure. Il ne peut pas faire de la grande distribution.
    Donc soit le prospect peut s’offrir ses services, soit il revoit sa demande et opte pour du prêt à porter.

    J’utilise aussi des analogies avec l’automobile (voiture, option, marque …) ou l’architecture (maison d’archi, par un constructeur, fait par le beau frère les week ends … )

    Il n’y rien d’arrogant de ce discours, c’est juste un histoire de moyens adaptés.

    Voilà c’était un peu long, merci à ceux qui ont eu le courage de me lire.

    Et impatient de voir la suite des commentaires.

  • Olivier > J’aurais très bien pu écrire ce que tu dis là, c’est exactement mon positionnement. Je n’ai peut-être pas assez insisté sur le côté « force de proposition » mais c’est un aspect très important aussi, j’ai souvent les mêmes retours que toi à ce niveau-là. Les clients apprécient ce genre de choses, surtout que bien souvent, ils ne s’y attendent pas forcément.

  • Bonjour,

    Bon article.

    La question de l’acceptabilité du spec work (ou free pitching) ne se pose plus depuis longtemps pour moi: c’est NON, quel que soit le gain, quel que soit le contexte.

    A mygreg qui se met du côté du client (il a le droit) et trouve cette pratique justifiée par le fait que le client a bien le droit de tester les prestataires sur des demandes précises, je répondrait deux choses :

    1. Tester, pitcher, pas de problème, si c’est ce qu’il veut. Mais pourquoi gratuit ? Pourquoi test devrait il être synonyme de test non rémunéré ? Pourquoi appel d’offre devrait-il être synonyme d’appel d’offre sans indemnité ?
    Ce sophisme, cet amalgame, est vieux comme le monde : j’ai besoin de tester, alors je te teste gratuit. Et bien non, ça ne marche pas comme ça. Une consultation créative a une valeur, et une vraie, y compris commerciale. Et ce qui a de la valeur, dans le monde professionnel, se paye, sans exception. Je donne plus de détails sur ce principe évident ici >> http://kitdesurvie.metiers-gra.....uites.html

    2. Se mettre du côté « du client » ok, mais attention à ne pas se croire pour autant du côté DES clients. Car il y en a beaucoup aussi, de clients, qui sont exactement sur la même longueur d’onde que ce qu’explique ici fran6 et pour qui l’idée de ne pas rémunérer les expertises et consultations qu’ils demandent n’effleurent même pas l’esprit.
    Quand j’ai, par exemple, interviewé un chef de projet de BETC sur le fait qu’ils payent ou non les freelances qu’ils pitchent sur des AO, il a été sincèrement surpris que je lui pose la question, tant il lui semblait évident que oui bien-sûr, ce type de travail doit être rémunéré. Je n’ai eu par ailleurs que des réponses similaires auprès des autres interviewés.
    J’ajoute que si beaucoup de client voient les choses de cette façon, ce n’est pas par humanisme ou par pitié pour le petit graphiste qui doit bien manger, c’est qu’il sont précisément à la recherche du type de profil et de collaboration décrit plus haut (profil à valeur ajoutée, collaboration horizontale), et savent parfaitement qu’il réduiront drastiquement leurs chances de le trouver s’il s’amusent à jouer les rats dès le début.
    Et oui car par définition, le freelance qui a une bonne valeur sur le marché, il n’a plus besoin ni que ça à foutre de lâcher des maquettes gratuites à qui le demande : on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.
    Pour finir sur ce point, je précise que je parle ici d’agences, mais pas seulement : aujourd’hui je réalise en direct toutes les bannières de pub et homepages d’une grande enseigne d’ameublement. C’est eux qui m’ont contacté, ils m’ont « testé » sur un premier contrat (payé normalement) puis convaincus par mon travail ils me confient désormais le reste, les budgets nécessaires étant négociés directement au téléphone.En résumé on a essayé de mettre en place une véritable collaboration gagnant/gagnant, et ça a marché.

    3. On est pas du tout des « artistes », attention. Un artiste c’est autre chose. Quant à se « mouiller » dans une collaboration commerciale, on est certes là pour ça, mais c’est par son implication créative et son travail qu’on se mouille, pas par les dangers financiers imposés par un budget branlant.
    C’est le métier des BANQUES et des investisseurs de se mouiller sur ces aspects-là, pas du graphiste. Ni de l’artiste, du reste.
    Peut-être que justement, la confusion perçue par les clients à propos des graphistes vient en premier lieu d’une confusion VÉCUE par ces derniers : tant que certains graphistes se croiront redevables d’accorder des prêts professionnels à leurs clients pour pouvoir travailler avec eux, comment voulez-vous que leur rôle et leur valeur soient clairement perçus ?

    Et tout ce que je dis là, je ne le dis pas en théorie mais par expérience personnelle et en connaissance de cause :
    Pour ma part je pense avoir la chance d’être dans la catégorie évoquée par Fran6 : j’ai une offre assez identifiée/singularisée sur le marché, un nom qui circule dans les agences et sur les réseaux pros, relayé par un référencement correct, et aujourd’hui je ne reçois pratiquement que des demandes de gens qui ont vu mon travail et me contactent pour ça.
    Le fait est que depuis 3 ou 4 ans, les rares fois où on me demande un devis, c’est presque tout le temps uniquement pour confirmer un accord oral établi juste avant. Je suis rarement placé en concurrence directe avec d’autres, non pas parce que je serais le « meilleur », mais parce que les gens qui me contacte savent pourquoi et ne vont pas aller en contacter un autre, tout simplement.
    Et si je participe encore souvent à des appels d’offres pour le compte d’agences, même les fois où je me retrouve bel et bien « face » à d’autres DA, je suis payé à la journée, comme les autres, et on me demande justement de m’exprimer sur ce qu’on a identifié de mes compétences (en résumé, si une agence me fait bosser contre 2 autres DA, elle n’aura pas du tout demandé la même chose aux 3, car elle les aura choisis pour leurs spécificités)

    Cette positon là on y arrive, je rejoins à 100% l’article, par un travail et des choix stratégiques en terme de positionnement, un mot qui commence à entrer dans le langage courant des graphistes free aujourd’hui mais qui leur était complètement inconnu il y a encore 3 ou 4 ans à peine.
    Pour ma part j’ai assimilé ce concept un peu plus tôt (grâce à quelques rencontres éclairées et de bons conseils), et il m’a permis de construire une offre et une promotion de cette offre compactes et bien ciblées, matérialisées par certains choix nets, comme par exemple :

    – Changement de nom : bye le pseudo de forumeur, capitalisation sur mon patronyme, pour la bonne et simple raison que c’est ce nom qui remplit les listing des trafic managers et les mémoires des chefs de projet (« – Avec qui t’as bossé sur ce budget ? – Avec [Votre nom], il est bien, on a ses coordonnées si tu veux. »)
    – Arrêt définitif des carottes et des plans à la con : plus de « on te paye plus tard quand l’argent rentre » et encore moins de « on veut vous tester gratuit ». Un bon positionnement (c’est-à-dire, dans le secteur qui nous concerne, un positionnement qualitatif), c’est aussi une question d’assumer cette position et de l’assortir d’un minium d’exigences, ou en tout cas d’équilibre entre ce que les client attendent de vous et ce que vous attendez de vos clients.
    Évidemment, refuser certains conditions va impliquer de perdre certains clients. Mais c’est le principe de toute évolution de positionnement (du moins pour un indépendant) de perdre une partie non désirée de sa clientèle pour en gagner une nouvelle plus précieuse. C’est une dynamique qu’il faut savoir avoir le courage de lancer et de tenir quand on veut avancer.
    – Réflexion réelle sur la façon de construire mon book et de présenter mon travail pour le singulariser : faire une sélection ? choisir le meilleur ? le meilleur sur quel plan ? se spécialiser ou continuer à jouer la polyvalence ? Dans mon cas, je suis vite parvenu à la conclusion que plus que des talents techniques ou créatifs, c’était peut-être mon expérience, le nombre et la variété de missions réalisées pour des clients très différents qui faisaient ma valeur sur le marché. Le client considère que je peux m’adapter et que je vais comprendre ce qu’il attend de moi quel que soit le contexte, la problématique, ou presque. Résultat, contrairement à ce qui est souvent conseillé (à raison) j’ai clairement joué sur le nombre, sur la « longueur du cv », en balançant presque une centaine de références en ligne. Certes triées, mais moins que j’aurais pu. C’est mon argument de vente principal : d’expérience, je suis capable de réaliser ce que vous me demandez, car je l’ai probablement déjà fait. C’était un choix délibéré, pas forcément à répéter pour tout le monde (on est encore une fois dans l’idée de mettre en avant sa valeur propre, pas une idée générique de ce qui fait la valeur) et ça a très bien marché. Le message est passé.
    – Politique tarifaire réfléchie. Ayez des tarifs en accord avec ce que vous entendez vendre. n’oubliez jamais que le prix lui-même est un élément de prospection, il joue à plein sur le ressenti chez les clients et sur la façon dont ils vont vous identifier. Penseriez-vous la même chose des Lamborghini si elles coûtaient le prix d’une Fiat ? Exemple extrêmement mais parlant.
    Là encore, monter ses prix (si c’est ce qui apparaît nécessaire) implique une prise de risque, une perte d’une certaine clientèle. Mais si cette prise de risque est effectuée au bon moment, sur de bonnes bases, c’est pour le meilleur.
    – Et bien-sûr, parce que la promotion ça se fait aussi et surtout par des clients contents (au niveau des agences notamment, à partir d’un certain niveau de contrat, tout ou presque se fait par recommandation, réseau et cooptation), j’essaye autant que faire ce peut d’assumer ce positionnement par une fiabilité concrète auprès de mes clients. Là encore, je ne pense ni ne prétend pas être le plus créatif ou le plus technique des freelances du marché (très loin de là), mais je sais que 95% des clients qui ont travaillé avec moi me considèrent comme fiable et efficace, un aspect très important pour un directeur de projet, et ça les fait revenir.
    J’ai évidemment ma dose « d’échecs » (j’appelle comme ça les projets qui ne vont pas à terme, où par divergences commerciales ou créatives, mauvais brief ou mauvaise réponse, on décide d’arrêter en milieu de course en payant ce qui a été fait et bye bye), mais je pense que le pourcentage en est assez faible par rapport à la moyenne de ce que j’entends. (Trier en amont les projets qu’on me soumet pour ne participer qu’à ceux auxquels je pense pouvoir apporter une réponse pertinente aide à maintenir ce chiffre au passage. Quand je sens mal un truc, je ne le fais pas).

    Tout ça pour dire (ou plutôt confirmer) que le positionnement va au-delà d’une simple question de « style », que je connais effectivement (pour ne pas parler que de mon seul cas) des frees qui placent leur pion dans le marché sur un positionnement différent (versatilité ou spécialisation, bonne connivence commerciale, compétences pointues en ergonomie etc…) et à l’inverse d’autres freelances qui malgré un bon « style » peinent à se faire traiter autrement par les clients que comme un prestataire parmi d’autres, qu’on pioche au pif, voire effectivement qu’on fait bosser gratos pour arriver à se décider.

    Moralité :
    1. Définissez un positionnement (un vrai, établi en fonction de vos objectifs et de vos compétences mises en comparaison avec le marché )
    2. Concrétisez ce positionnement par des outils et une prospection cohérents. Soyez crédibles, faites des choix, identifiez-vous clairement.
    3. Assumez aussi ce positionnement à travers une attitude générale concrète. Puisque vous avez fait des choix, n’acceptez pas tout ce qu’on vous propose et encore moins tout ce qu’on vous impose. Un graphiste se présentant comme quali ne devrait pas lâcher de logo associatif pour 100€. Un prétendu expert reconnu ferait mieux d’éviter de filer des maquettes gratuites comme un crève la dalle. Renforcez votre positionnement sur le terrain des collaborations.

    Pour avoir commencé comme tout le monde, sans réseau ni clientèle pré-établie, à chopper ce qui passait et à facturer comme je le pouvais, je sais parfaitement que tout ça n’a rien de simple, et qu’il est exclu pour quelqu’un qui débute totalement de se mettre à se comporter et à prospecter du jour au lendemain comme un spécialiste reconnu (de toute façon, il ne l’est pas encore). Mais l’important est de garder en tête cet objectif, ces principes, pour pouvoir toujours essayer, pousser son activité vers le haut, dès le départ. Saisir les bonnes opportunités de monter en gamme dès qu’elles se présentent. Savoir se séparer des plans, clients et comportements qui freinent son évolution.
    Si l’on sait que des frees y arrivent, ont construit un positionnement et une offre bien définie, qui leur profite aujourd’hui, alors on ne peut plus se contenter de rester coincé dans un flou persistant.

    Un positionnement en général se construit sur des années, c’est un travail (un effort) de réflexion et d’adaptation quotidien. En tout état de cause, il est dramatiquement important…
    Effectivement les anglo-saxons l’ont compris depuis longtemps. Ou plutôt c’est une notion (un peu trop vilement commerciale pour nos âmes sensibles de créatifs locaux) qui existe chez eux depuis le départ, et ça se voit.

  • Pfiouuu Yamo,
    c’est une réponse/article ^^
    J’ai lu dans les grandes lignes mais je suis au taf alors je lirais ce soir à tête reposé ta réponse mais pour ce que j’ai lu, je te rejoints également sur pas mal de point.
    Même si mon expérience n’est que limité forcement par rapport à vous tous, dans la logique des choses c’est plus que censé comme retour. 🙂

  • Bienvenue Julien et merci pour ton commentaire.

    Analyse très intéressante que je partage complètement et même si je n’ai pas vraiment parlé de mon expérience dans cette « réflexion », je me positionne comme toi. Les prospects viennent généralement vers moi parce qu’ils ont envie de travailler avec moi et c’est vrai aussi que la plupart du temps, je ne suis pas en concurrence avec d’autres. D’ailleurs, dès que je suis en concurrence, c’est souvent intéressant parce qu’on se rend compte vite que ce qui intéresse principalement le prospect, c’est la tune et que finalement, il a du mal à comprendre pourquoi je facture ce que je facture. Et là, il faut faire comme tu le dis si justement, ne pas céder à diviser ses tarifs par 2…

  • Je reviens vite fait sur un élément du commentaire de Yamo:

    « Changement de nom : bye le pseudo de forumeur, capitalisation sur mon patronyme, pour la bonne et simple raison que c’est ce nom qui remplit les listing des trafic managers et les mémoires des chefs de projet (”- Avec qui t’as bossé sur ce budget ? – Avec [Votre nom], il est bien, on a ses coordonnées si tu veux.”) »

    J’hésite déjà à faire un autre article uniquement pour parler de la capitalisation sur son patronyme. Encore un truc que j’ai appris en UK et que je ne retrouve que rarement en France où bien souvent on préfère se cacher derrière un nom d’agence ou de boîte, bien souvent parce qu’on pense que ça fera plus sérieux… 😉

  • Comme à son habitude, le commentaire de Julien résume tout.

    En début d’activité des professionnels établis comme Julien Moya ou Laurent Demontier m’ont fait partager leur expérience.

    Même si au début, je trouvais ça surréaliste, il faut bien constater que depuis que j’applique, tout va beaucoup mieux.

    Cela prouve aussi que c’est possible de tenir ce positionnement, je ne dis pas que c’est facile et que ça se fait tout seul. Mais possible.

  • krysttof

    J’adore !
    Voilà une bonne somme d’arguments pour tous les freelances !
    J’aime la comparaison entre le créateur et l’artisan. Avant de demander la réalisation d’une clôture par exemple, on ne demande pas à l’artisan de faire 2, 3 maquettes en taille réelle dans son jardin pour voir ce qu’il est capable de faire !
    Oui c’est bien la valeur unique du freelance, le talent reconnu et déjà réalisé, la réputation qui font une bonne introduction aux discussions avec les clients !
    Merci pour cette analyse !

  • Wow, l’article et les commentaires qui suivent mériteraient d’être publiés dans un bouquin donné à tous ceux qui se mettent en freelance !
    Pour ma part, je rejoins cette réflexion et je ne reçois quasiment plus de propositions de ce type impliquant de bosser gratuitement.
    Bizarrement, c’est quand je doutais davantage de mon niveau, de mes compétences et de mon positionnement que ce type de propositions affluaient. Et je reconnais que j’y ai parfois cédé, j’ai même un (court) temps participé à l’escroquerie Wilogo car je souhaitais développer mon expertise en travail de logo tout en espérant une hypothétique rémunération.
    Bien sur, cela ne m’a rien rapporté, même si je ne regrette pas car cela m’a permis de voir par l’expérience la vacuité de ce système…
    Quoiqu’il en soit, ce qui est grave dans le genre de proposition dont tu parles, c’est que l’on joue sur la faiblesse des freelances débutants, qui bien souvent, et par nature, sont isolés et prêts à beaucoup de chose pour pouvoir faire le métier qu’ils aiment, et qu’ils vivent bien souvent comme une passion.
    C’est aussi pourquoi les commanditaires de ce type de proposition, rajoutent que si l’on est retenu et que l’on bosse pour eux, cela fera une super expérience dans le book ou que cela sera le début d’une longue collaboration… foutaises.

    Pour avancer dans la durée dans ce métier, il faut s’entourer d’un réseau solide, que l’on constitue effectivement par une communication sur les réseaux sociaux, voire un peu de publicité, également avec des partenaires, mais le plus important à mon avis reste la communication que tes clients font sur toi, par le bouche à oreille. C’est donc la qualité du travail, comprenant le résultat attendu mais aussi le service, le conseil, l’écoute et le professionnalisme, qui font que l’on te rappelle et te conseille à d’autres.

    Concernant la « patte » ou les savoir-faire, ils apparaissent généralement dans ton site ou portfolio, et le commanditaire est capable d’en juger en regardant les travaux.

    Tout ça pour dire que maintenant je n’accepte plus aucune proposition de travail gratuit mais que je peux comprendre ceux qui les acceptent même si je n’approuve pas.
    Je met plus en cause les commanditaires qui soit n’ont aucun scrupule, soit ne se rendent pas compte qu’ils participent à une dévalorisation de notre métier.

  • Alors pour l’histoire du nom, puisque si j’en crois Twitter ça travaille tout le monde :

    Sur ce CHOIX comme sur les autres (voire encore plus que sur les autres), on est dans une problématique de positionnement, il n’y a pas un bonne façon de faire et une mauvaise.

    Voici en gros les alternatives :

    SI :
    – Vous faites carrière en tant qu’expert, en tant que spécialiste; si vous vendez une expertise personnelle, une valeur accolée à votre expérience, votre personnalité, que celle-ci s’exprime dans votre style créatif ou dans votre traitement des contraintes et des objectifs. Si vous envisagez un jour d’évoluer vers le consulting (la suite logique de pas mal de carrières de frees)
    – Et/ou (l’un n’empêchant pas l’autre) si vous faites carrière en tant qu’auteur, que vous voulez assumer ce statut jusqu’au bout, être reconnu comme tel (prestataire certes, mais choisi pour son style, sa sensibilité, sa patte, sa vista), et accessoirement entendez justifier le fait de facturer des droits d’auteur.
    – Vous assumez complètement et même revendiquez votre statut de cellule indépendante, qui est là pour une bonne raison, à savoir pas imiter les agences/studios ni prendre leur place (en vain), mais s’intégrer à la volée dans des équipes, des projets. Parier sur votre réactivité, votre souplesse, votre pertinence au sein de projet de votre client.
    – Votre clientèle est le plus souvent formée d’agences de com (cherchant à renforcer leurs équipes) ou de grandes entreprises (cherchant une expertise de consultant)

    Alors capitalisez sur votre nom patronymique car il sera toujours celui qui sera retenu. Si c’est vous qu’on a fait travailler et que la dimension personnelle de votre travail et prépondérante, c’est votre nom qui sera communiqué de client en client, de CP en CP, d’agences en agences.
    Les listings de freelances sont faits de noms, pas de pseudos. Les « renommées » personnelles, si on en arrive là, se font aussi sur ce nom. Les agences ne vont pas forcément s’amuser à retenir toutes les appellations et url fantaisistes pour les relier à tel ou tel spécialiste dont ils ont entendu parler ou dont ils ont vu le nom dans les crédits, le jour où ils feront une recherche.
    Elles ne vont pas non plus forcément privilégier les prestataires qui donnent l’impression de leur faire de la concurrence (fut-elle symbolique)

    Par contre SI :

    – Vous vous vendez comme un studio, une mini agence. Une entité proposant un large choix de prestations différentes, quitte à en sous-traiter une partie de façon transparente.
    – Vous vous positionnez sur un marché plus global (en terme de types de prestas) que spécialisé : vous vendez des identités d’entreprises complètes, du logo à l’impression de la papeterie. Ce qui n’empêche pas d’être spécialisé en terme de secteur (communication verte, NTIC, secteur industriel etc…)
    – Votre clientèle est principalement directe : TPE et PME

    Alors vous avez plutôt intérêt à choisir un nom d’entité commerciale (que cette entité existe en propre, dans le cadre d’un statut EURL/SARL ou pas), un nom d’entreprise, qui sera plus raccord avec les habitudes de votre clientèle (bosser d’entreprise à entreprise) et les rassurera : une boîte, c’est des gens, des procédés, une certaine stabilité. Pas un « artiste » qui fait comme il l’entend et nous claque dans les doigts (je schématise ici les craintes classique de la PME cherchant un prestataire).
    Ici vous développerez un positionnement différent, plus « englobant » pour votre client. Vous serez « son agence de com », devrez pouvoir apporter des réponses à toutes ses questions.

    Voilà en gros les facteurs classiques qui peuvent vous pousser vers une décision cohérente. Ils ne sont ni les seuls, ni la règle, seulement un débroussaillage.

    Pour donner mon exemple : j’ai commencé en free, jeune, avec le site Yamodesign.com (rapport à mon pseudo) qui a rempli tous ses objectifs en terme de prospection et de développement. Il a beaucoup tourné sur les forums et je me suis fait connaitre (et très bien référencer) avant tout comme animateur, spécialiste de Flash et des sites un peu « punchy », djeunz, cartoon, street, gaming, ce genre de choses.
    La clientèle évoluant vers plus d’agences, plus de variété, plus de corporate, plus de DA en amont, et souhaitant accentuer cette évolution (marché plus rentable), j’ai commencé à me sentir limité, voire emprisonné, derrière cette image sympa de petit jeune à pseudo.
    J’ai donc entrepris une refonte totale de mon identité tout comme de mon positionnement : nouveau site, nouvelle charte plus standing, nouveau logo (d’ailleurs j’avais abandonné l’idée de logo un moment, elle est revenue plus tard usage), et même nouvelle façon de concevoir et rédiger mes textes de présentation (plus directs, plus professionnels, pas de gnagnas sur les études ou sur les softs utilisés, sur mes hobbies à la con). Pour un repositionnement de ce genre, le plus tôt est le mieux.

    Une nouvelle url allait de soi et j’ai commencé par réflexe à chercher un nom de studio, un nom commercial (contraintes classiques : qui soit pas pris, qui sonne bien, qui ait du sens… etc). J’avais plusieurs idée mais j’étais pas vraiment à l’aise. Et puis un jour j’en discute avec un ancien confrère free devenu DT d’agence entretemps qui me dit « Mais pourquoi tu prends pas ton nom tout simplement ? Ici à l’agence on te connait comme ça, et ça au moins ça changera jamais. Que tu restes freelance ou que tu intègres un jour une boîte, ce sera toujours ton nom qui sera évoqué et donc retenu, on raccrochera ton travail à ta personne où que tu te trouves ».
    En l’écoutant ça s’est imposé comme une évidence, puis ça s’est très vite confirmé pour toutes les raisons citées plus haut (je suis en plein dans le premier type de profil évoqué).

    Il est clair que dans mon cas un nom de famille à 4 lettre facilite pas mal ce choix. Si à l’inverse on s’appelle Jean-Patrick Marrionnaud Bleszinski par exemple, c’est pas forcément une bonne idée de l’employer tel quel. Dans ce cas, trouvez une forme raccourcie de votre nom, genre celle que vous balancez en vous présentant, un « JP Marrionaud » fera très bien l’affaire, ou une forme inventée (exemple : Julien Dubedout de Marie&Julien qui pour éviter les fautes dans son nom capitalise maintenant sur « JulienDBD » ou judbd.com – il a abandonné Inkboy pour des raisons de positionnement lui-aussi).

    Voilu voilà, juste un retour d’expérience.

  • « […] les commentaires qui suivent mériteraient d’être publiés dans un bouquin donné à tous ceux qui se mettent en freelance ! »

    >> ça tombe bien [PUB] 😉 >> http://www.profession-graphiste-independant.com/

  • Difficile de passer après tout ce beau monde. Et surtout « rajouter » sa pierre à l’édifice…tant certains donnent de bons conseils, bref…
    Je partage ce point de vue même si ce n’est pas tous les jours faciles. En local ce n’est pas la peine et j’ai presque abandonné de bossé avec qq clients ici (dans l’Yonne pour être précis : pas d’agences, voire les 2 ou 3 se tirent la bourre en pratiquant des prix ultra bas…pour ce qui est des PME ce n’est pas le dynamisme ambiant qui m’encourage à les démarcher. Pas que je m’y refuse mais je suis vite regardé avec de gros yeux quand j’annonce mon tarif (350 à 400€/jour) après avoir un temps soit peu expliquer ce qu’est le « free ».

    Alors j’ai des périodes creuses mais j’essaie de me tenir à ça ! Quand le client est comme il est décrit dans vos dires ça passe impec !
    En fait en reseau j’avais qq contacts interessants : mais la plupart ça a été plus du one shot.
    Un D.A. qui bosse en agence sur panam mais qui habite sur Auxerre, désormais ils font désormais quasi tout en interne (je relance bien sur). une agence sur dijon = 1 projet mais apres on embauché un graphiste en CDI (je relance aussi)…en local, vu le dynamisme ambiant, la mairie a coupé court aux services d’un presta externe et fait en interne…La société Vib*l pour qui je bossais a presque coulé et le grand group (Camaieu) qui a racheté à 1 pole com sur Lille…bref je ne suis pas aidé ^^ je ne pleure pas pour autant…des moments de lassitude comme tout le monde quand t’as prospecté qq temps et pris pas mal de « mur ».

    Pour autant sans rouler sur l’or (bien loin de là) j’essaie toujours d’appliquer mes tarifs mais c’est clairement pas toujours aisé.
    A moi de voir « ailleurs » …d’ailleurs je rejoins là aussi le « probleme » du pseudo (dont on a parler sur twitter : 2m-at-work au lieu de Mickaël Merley…va falloir y réflechir. Même si les gens retenaient plus mon nom -j’ai l’impression- pour rarement avoir eu droit à la question « qu’est ce que / pourquoi 2m-at-work ?

    En tt cas merci à tous pour vos explications, le fait de voir d’autres cas concrets ça aide à mieux se positionner. A faire un peu le point et voir se qui peut être améliorer.

  • Mike > Il y a malheureusement pas mal de monde dans ton cas et visiblement ça a l’air pas mal difficile de s’en sortir en province. Je pense qu’il faut persister dans ce que tu fais et peut-être que de vendre sous ton patronyme pourrait t’aider. Voir pour ça plus haut le commentaire de Yamo à ce sujet et voir ce qui te conviendrait le mieux.

    D’ailleurs, je suis un peu dans ton cas. Je suis en train de remettre d’aplomb ma communication, et même si pas mal de monde connait maintenant Fran6 et Fran6art, j’ai très envie de tout mettre sous Francis Chouquet et déplacer ce blog sous francischouquet.com. On me l’a pas mal déconseillé, du fait de la « renommée » du blog, mais je crois que le rapprochement serait plus facile. En tout cas, vu que je me positionne comme expert, ça serait probablement positif.

    Bon courage en tout cas ! 😉

  • A propos des maquettes, ma réponse aux clients est simple: le design est un processus.
    Pour juger de l’expérience et des capacités, il y a le portfolio.
    Mais pour qu’un client obtienne un résultat qui lui convienne, il faut qu’il collabore au processus de design. Le client n’est pas juste celui qui a besoin de qqch et qui paie à la fin.

    C’est la personne qui connait son entreprise et qui, en principe, sait le mieux ce dont il a besoin, quel « problème » doit être résolu. Pour que le client fasse confiance, il faut lui retourner cette confiance. Il apporte les contraintes nécessaires au créatif. Ceux qui veulent des cartes blanches devraient lancer leur propre entreprise.

    Effectivement certains clients veulent simplement un résultat. S’ils vous donnent cette confiance, tant mieux, mais ça ne donne pas forcément les meilleurs résultats.

  • « On me l’a pas mal déconseillé, du fait de la “renommée” du blog »

    Pour ça, une simple redirection 301 fait très bien l’affaire.
    Tu mets en place ta nouvelle url, et en parallèle la redir se charge de mettre à jour les moteurs de recherche et de rattraper les visiteurs pas encore passés à la nouvelle adresse.

    Quand j’ai changé de nom j’ai fait comme ça et je n’ai perdu ni trafic ni position de référencement.

  • Bonjour Francis,
    Les 2 points de vue sont compréhensibles mais je me place du côté des freelances (bon j’avoue tout, j’en fait partie ^^).
    C’est certain que les premiers clients prennent un risque, nous n’avons pas encore de portfolio très étoffé et nous avons encore moins un nom.
    C’est pour cela qu’il faut donner le meilleur afin de les satisfaire afin que votre réputation se fasse et que les visiteurs /prospects se disent : « whaou, ce type là, il est fort dans son domaine ! »
    Je n’ai pas le talent pour être web designer mais je pense que cette situation correspond à tous les métiers du web.
    Il y a aussi parfois des réticences de la part de clients lorsqu’il s’agit de produire quelque chose de virtuel comme un site par exemple. On ne peut pas le palper, donc ça ne doit pas coûter grand chose ! Cela concerne principalement des personnes qui ne sont pas dans le domaine du web.

  • @Fran6 : Tout d’abord, merci pour cet article qui permet de reposer quelques jalons. Il est vrai que le souci premier pour un client, malheureusement, c’est « combien il va payer ». Et, généralement, avec un devis bien détaillé et une bonne explication du process, ça permet d’expliciter la valeur ajoutée sur le projet du prospect, en addition au portfolio et au CV qui sont là pour appuyer votre sérieux.

    Cependant, tu poses ici le problème en aval (à savoir que le client demande un spec work gratuit) alors que je pense que le souci est bien plus en amont.

    Je rejoins @yamo, répondant à @mygreg : il faut arrêter de voir le DA/graphiste comme un artiste, et il faudrait également que ces mêmes compétences arrêtent, pour certains, de parler de créa graphique comme d’une « œuvre ». De la même façon, je ne suis pas d’accord avec l’idée que nous sommes des web artisans. Ce côté « artisanal » est bien ce dont souffre la profession.

    Depuis que nous faisons du web, nous avons vu évoluer les technologies, les compétences, et une certaine partie du marché. Or, si nos métiers se sont spécialisés ces 15 dernières années, le marché disponible (nos prospects) n’a semble-t-il pas suivi cette évolution avec nous.

    Hier, à Paris Web, nous parlions de CSS 3 avec une certaine excitation, et étions tous prêts à l’utiliser, à le tester, etc. Or, nos clients, nos prospects ? S’ils parlent de HTML 5 ou de CSS 3, c’est surtout parce qu’ils voient que leurs concurrents cherchent cela.

    (NB sur ce point : Etant manager il y a 3 ans, l’une des DRH est venue me demander d’écrire la fiche de poste d’un webdesigner, parce qu’ils ne savaient pas quelles étaient les limites de ce métier…alors qu’ils voulaient pourtant recruter la compétence. Il y a quelques mois encore, M6 semblait apprendre ce que pouvait faire HTML 5 pour leur projet, alors qu’ils en demandaient l’expertise avant le rendez-vous.)

    Il est à reconnaître alors que, dès qu’il s’agisse de technique, d’écrire des scripts, de faire des interactions entre bases de données, ou du mobile, le marché comprend qu’il faille des compétences (encore que)…mais pas pour la communication.

    Parce que faire une interface graphique, c’est « simple », « qu’il suffit de ». Or, la communication, c’est un métier…non ? Le design web ce n’est pas juste du joli, c’est un process, de la recherche, de l’ergo, une prise en compte des limites techniques du web et des besoins marketing du client (fonction, positionnement, cible client). Partant de là, ce n’est pas de l’art : et ce serait beaucoup proche d’une démarche publicitaire appliquée au web.

    La réponse à la question est alors bien plus compliquée qu’il y paraît. Et la faute est, semble-t-il, à imputer à tous : professionnels comme clients.

    Les pays anglo-saxons ont bien fait cette distinction sur le fait que le design web, c’est 1/3 de connaissances techniques en code, 1/3 de connaissances marketing, 1/3 d’ergonomie/utilisabilité/expérience utilisateur. Et c’est peut-être là le début de la réponse. En France, malheureusement, il semble qu’on en soit encore loin, même si les mentalités commencent à changer.

    Le résultat, en aval ?

    -Un travail immatériel, que les clients, forcément, n’ont aucun scrupule à balayer d’un revers de la main,
    – Une démarche, un process graphique pas encore assez explicité de la part des professionnels,
    – et une discussion commerciale qui est une discussion de bout de chandelle, notamment parce que le travail graphique n’est pas considéré à sa juste valeur.

    Pourquoi ? Parce que les clients ne voient pas/ne comprennent pas le temps de travail que cela demande, les compétences, les connaissances, les années d’expérience…

    …parce que le process est vu par les clients comme un process artistique (d’art, process éthéré, pas forcément organisé et méthodique mais beaucoup plus axé sur l’inspiration, qui va, qui vient)…

    …parce que certains de nos concurrents vendent des templates à $50…

    …parce que certains professionnels vendent des sites tout fait pour 500 €…

    …parce que le cousin Machin de la tante de la voisine peut le faire…

    Quant à savoir si c’est l’œuf ou la poule…

  • Yamo > En fait les hésitations à passer au NDD avec patronyme et de laisser tomber Fran6art était plus du fait que le site est connu et que j’avais, et j’ai toujours, un peu peur qu’en changeant l’identité, je perde de cette notoriété. Concernant le SEO, je me fais pas trop de soucis par contre. Mais je dois avouer que je suis très tenté de tout basculer et de partir sur de nouvelles et bonnes bases. Merci pour le conseil en tout cas, ça va m’être très utile…

  • Très bon billet, très bons commentaires.

    Ça donnerait envie d’avoir tout ça (les commentaires) sur un article indépendant, qui serait un bon récapitulatif de la place et de l’évolution du poste de webdesigner en France (freelance ou pas), histoire de remettre quelques pendules à l’heure.

  • Weiss > J’y pense depuis ce matin et je me demande si ça serait pas une bonne idée de le faire pour synthétiser et mettre en exergue les réponses de chacun.

  • Jerome

    Tout à fait d’accord avec toi Francis, et je dirais même que cela s’applique également aux petites agences. Je bosse dans le print (mais quelles différences sur ce thème ?) et depuis 2 mois, je passe mon temps à faire des maquettes aux petits oignons, avec les heures sup qui vont avec (non payées évidemment, et même pas récupérables), pour des pseudos-futurs-clients qui, au final, choisissent une agence/free moins chère(s), ou décident en fait de ne rien faire, ou encore, prennent à peine le temps de dire merci pour le travail effectué, ou pire, te répondent juste « bientôt… » par mail lorsque tu les relances pour savoir s’ils ont eut le temps de consulter les 2 ou 3 pistes proposées.

    Personnellement, je préférerais que les commerciaux établissent des liens de confiance et vendent la valeur de l’agence, sur la base du portfolio et des clients, plutôt que de jouer au « loto ». Remarque, au final, les charettes sont toujours pour l’équipe graphique. Et le coup de pied au cul qui va avec, car si t’es pas content, on te rappelle gentiment que c’est la crise et que c’est ça ou rien…

    Ouais, je suis en colère !!! 😉 car en plus je suis obligé de poser un jour de congé pour avoir mon lundi de pentecôte !!! mdr Pourquoi je suis pas free 😉

    Bonne journée à tous ! Cool d’avoir tes news Francis !

  • Francis > J’ai eu les mêmes hésitations que toi, étant « connu » à l’époque sous mon pseudo seul, c’est pour ça que je t’en parle. La redirection permet aux gens de s’adapter à leur rythme, il n’impose aucune date de mise à jour, c’est pas du tout contraignant. Certains forums ou portails pointent encore sur yamodesign.com, ça finit toujours chez moi, je n’ai rien perdu. 🙂

    Christophe >

    « Les pays anglo-saxons ont bien fait cette distinction sur le fait que le design web, c’est 1/3 de connaissances techniques en code, 1/3 de connaissances marketing, 1/3 d’ergonomie/utilisabilité/expérience utilisateur. Et c’est peut-être là le début de la réponse. En France, malheureusement, il semble qu’on en soit encore loin, même si les mentalités commencent à changer. »

    C’est au-delà de ça, bien plus large que le seul design web et s’applique au design de façon globale.
    Voilà comment je le vois :

    Les pays anglo-saxons n’ont pas eu à « faire la distinction » entre le design et autre chose puisque c’est eux qui ont théorisé la pratique et inventé le terme.
    Le design, né dans les entreprises, c’est pour schématiser, la discipline tendant à joindre 3 problématiques : l’utilité, l’esthétique, et la production.
    On retrouve ces trois problématiques dans les tiennes, et dans toutes les pratiques du design, adaptées et centrées évidemment sur chaque secteur.

    Les anglo-saxons considèrent donc le design comme un métier bien défini (et respecté pour toutes les compétences nécessaires à l’exercer, techniques, créatives, commerciales), et partant de là chaque domaine d’application du design jouit du même statut.
    Chez eux, on parle de graphic design pour nommer cette discipline appliquée à l’image. Le graphic design est né dans les cellules marketing intégrées des premiers annonceurs. Les compétences étaient connues, l’objectif aussi : vendre.
    Le web design en est un sous groupe (même s’il s’étend aussi sur d’autres domaines du design). Les choses sont claires.

    En France, qui a eu son histoire parallèle, on a inventé le terme « graphisme », utilisé nulle part ailleurs (du moins que je sache) et qui véhicule par son existence même une toute autre idée de la pratique.
    Le « graphiste », dans l’imaginaire collectif, est issu du monde de la culture, des arts appliqués, avant tout. Il descend des illustrateurs et des typographes, pas des designers objets ou des architectes. Il n’est pas un vil rejeton des objectifs commerciaux des entreprises. Il travaille pour les musées, il fait des expos. Sa place est dans un concours d’affiches.

    Cette vision du graphiste (un peu caricaturée mais pas tant que ça), largement entretenue par beaucoup d’écoles publiques, est dans tous les cas bien loin du graphic designer anglo-saxon.

    On peut l’aimer, voire la revendiquer, ou pas (pour moi « graphiste » est un peu au design ce qu’est le Minitel au web, un truc bien français, qui a eu ses mérites et son heure de gloire, voire un statut de pionnier, mais qu’il faudrait franchement penser à mettre à jour voire au placard), mais ce qui est certain c’est que c’est elle qui cause cette différence très nette de perception de nos métiers dont tu parles entre la France et d’autres pays.

    Et alors quand, comme moi (qui pourtant privilégie totalement le positionnement de graphic designer dans ma pratique), tu revendiques en plus un statut d’auteur et les conditions de négociation qui vont avec (ce qui n’a rien de paradoxal au passage, il s’agit juste de propriété intellectuelle), attention aux amalgames, on se retrouve vite taxé de simili-artiste à deux balles, y compris par des confrères, comme on l’a vu plus haut.

    C’est notre rôle de (re)définir notre métier et notre position dans le secteur. Ca se fait quotidiennement, par une certaine façon de se présenter et de gérer nos relations clients. Quand j’expliquais plus haut mon positionnement, je parlais aussi de ça : assumant totalement mon rôle de designer graphique au service des objectifs de communication des clients finaux, je parle le même langage que les agences qui m’emploie et je comprends leurs demandes d’instinct.

    Même si le débat est donc plus large, je suis donc d’accord avec toi : les efforts et les explications doivent venir des deux côtés… mais probablement plus du nôtre (après tout, on a choisi de faire ce métier, on en est responsable).

  • Bonjour Francis,

    Tout d’abord, content de te relire à nouveau en un peu plus de 140 caractères 😉 Concernant ton article, mon avis, c’est que notre métier contient une grande part de conseil et qu’il nécessite donc une part de confiance (de part et d’autre, d’ailleurs).

    Déjà que je n’aime pas toujours quand on me demande mon portfolio de but en blanc, alors faire des maquettes dans le vent, non merci 😉

    Comme je ne dis toujours : « ne me demandez pas ce que j’ai déjà fait pour d’autres clients ; demandez-moi plutôt ce que je peux faire pour vous ! »

    J’essaie toujours de reformuler la demande. La plupart du temps, le client veut un retour sur investissement. Et ce dernier passe d’abord par une bonne architecture de site, par un bon choix de rubriques et par une rédaction soignée et adaptées (étude sur les mots-clé, etc.). La partie design passe généralement après. Sauf si bien sûr, le client arrive avec ses zonings, ce qui est très, mais alors très rare 😉

    Lorsque le client a compris qu’il avait tout intérêt a avoir un site web structuré et solide, la question de l’habillage devient souvent secondaire et peut faire l’objet d’un deuxième contrat en fonction des contraintes de délais, le cas échéant.

    Pour revenir sur le fond de ton billet, il ne viendrait à personne l’idée de demander une étude *gratuite* du marché sémantique des mots-clés et expression-clé concernant son secteur d’activité. Pourquoi devrait-on faire la même chose (travailler gratuitement) quand il s’agit de graphisme ? C’est pas un métier ?

    Mes deux cents 😉

  • @Yamo >

    « Le “graphiste”, dans l’imaginaire collectif, est issu du monde de la culture, des arts appliqués, avant tout. Il descend des illustrateurs et des typographes, pas des designers objets ou des architectes. »

    Je te rejoins parfaitement. Et, même si je me pose largement du côté des designers objets (ce qui tranche la question « un designer doit-il savoir coder ? »…pour moi, c’est une évidence), j’envisage la communication web comme une communication de la marque pour laquelle je travaille.

    Bien plus que simplement appliquée au web, il s’agit de gérer cette communication au travers d’un media, et donc d’une Direction Artistique. Forcément, ça demande plus de compétences en communication (histoire, stratégies, veille, innovation, etc.) et en marketing que le simple interfaçage web.

    Partant, et ayant un profil particulier également (je suis diplômé en Business, Communication et Marketing International, et un passionné du web), je considère le design web comme faisant partie intégrante d’une stratégie de communication media (print, web, tv) de la marque. Et, effectivement, (et c’est peut-être un défaut), j’ai tendance à penser que c’est comme cela qu’il devrait être vu…ce en quoi je me sens plus d’affinité avec les visions anglo-saxonnes.

    « les efforts et les explications doivent venir des deux côtés… mais probablement plus du nôtre (après tout, on a choisi de faire ce métier, on en est responsable). »
    –> Article Pédagogie de la Charte Professionnelle des Travailleurs du Web 😉

  • STPo > Effectivement, les agences ne chassent pas les mêmes types de projets que les free. On n’est pas vraiment en concurrence.

    Je suis aussi d’accord qu’il n’y a pas forcément un positionnement mieux qu’un autre, tout dépend de ce qu’on veut faire. Malgré tout, pour en vivre confortablement sans travailler 20h par jour, il y a certains positionnements qui sont meilleurs que d’autres ! 😉

  • Christophe > On est d’accord. Après, de part (probablement) nos formations respectives, toi tu abordes ton métier d’un point de vue plus marketing, et moi d’un point de vue plus industriel, mais ce ne sont que des points d’entrée et on se rejoint sur ce que doit être notre rôle au final.

    Petit bémol : Un webdesigner n’est pas OBLIGÉ de « savoir coder » (à un niveau professionnel j’entends), c’est une question (on y revient) de positionnement : moi je suis webdesigner et je ne code pourtant ni en CSS ni en AS 3. Par contre, je dispose des bases (voire plus) nécessaires à une bonne compréhension du média, à une bonne gestion des contraintes techniques dès la créa, et surtout à un bon dialogue avec les développeurs et intégrateur (en général ils aiment bien mes briefs et mes sources).

    J’ai fait du code, pas mal, par le passé, assez aujourd’hui pour comprendre parfaitement de quoi il retourne, et prendre en charge si c’est nécessaire l’encadrement du travail d’intégrateurs.
    Par contre je ne maîtrise pas (ou plus) assez le domaine pour prétendre « savoir coder ». La compétence, c’est aussi avoir la capacité de déléguer dans les meilleurs conditions. Moi c’est ce que j’ai choisi.

    Chacun son métier en résumé. Si on se positionne avant-tout comme DA, on apprend à partager avantageusement son travail avec des dévs ou des intés qui feront toujours ça (beaucoup) mieux et plus vite que nous. Aujourd’hui, même pour des projets persos, je n’hésite pas à sous-traiter à des spécialistes la mise en place de mes chartes graphiques.
    Mais encore une fois, ce n’est qu’un positionnement comme un autre.

  • J’ai fait une conférence l’année dernière au Paris Web sur l’évolution du métier de web designer et sur ma perception que le web designer doit connaître HTML et CSS pour bien communiquer avec les intégrateurs notamment mais aussi pour une bonne appréhension du « médium ». Mais il est clair qu’il n’est pas obligatoire de tout maîtriser. Je pense que Christophe faisait aussi allusion au côté anglo-saxon, ou là encore, le webdesigner est quelqu’un de plus polyvalent que ce que l’on voit en France. Cela dit, chez eux comme chez nous, les personnes qui sont très douées en design comme en CSS/HTML sont assez peu nombreuses.

  • « il y a certains positionnements qui sont meilleurs que d’autres ! »

    > Oui c’est évident… Ca revient à dire qu’il y a des business plus porteurs que d’autres.
    Quand je vois des jeunes freelance se lancer au démarrage dans la guerre du discount à base de logo+charte à 200€ pour les assos et les TPE, alors qu’en face les machines de guerres à production de masse ont déjà depuis longtemps rasé le secteur, je me dis qu’ils font preuve d’un cruel manque de recul.
    En gros il vendent ce qu’ils savent faire, sans se poser de question, sans se demander si ce qu’ils proposent correspond à une demande ni si répondre à cette demande présente le moindre intérêt pour eux.

    Mais finalement, plus qu’une erreur de positionnement, n’est-ce pas en réalité dans la plupart des cas une *absence* de positionnement ?

    Moi je penche pour la deuxième hypothèse. Comme je le disais dans mon premier commentaire, une tranquille majorité des graphistes free ignore encore jusqu’à la signification de ce terme…
    Encore une chose qu’on ferait mieux de leur enseigner dans leurs formations supérieures.

  • « Christophe faisait aussi allusion au côté anglo-saxon, ou là encore, le webdesigner est quelqu’un de plus polyvalent que ce que l’on voit en France »

    Peut-être, mais le DA c’est encore autre chose, là-bas comme ici. J’ai bossé avec des agences étrangères où la créa, par exemple, est volontairement dissociée, au stade de la conception, de la technique pour qu’elle puisse s’exprimer plus librement, sans limite, quitte à passer *ensuite* par le filtre du réalisable (ça peut donner de bons résultats, en tout cas plus créatifs, pour peu qu’un très bon directeur technique soit impliqué).
    Encore plus qu’en France en fait.

    Ce serait encore un autre débat, polyvalence ou spécialisation, tout ce que je peux dire c’est qu’ici aussi il n’y a pas de « bonne » réponse et que tout est question de choix professionnels, une fois de plus.

  • @Yamo >

    « jeunes freelance »
    « manque de recul »
    « *absence* de positionnement »

    Ça a l’air de t’étonner, mais c’est un peu le lot des jeunes en général, et pas seulement dans le design ou le graphisme 😉

  • M’étonner, non.
    Le fait est que ce que j’écris là depuis le premier commentaire je l’explique partout depuis des années.
    J’ai conscience que ces problématiques sont communes à tous les secteurs mais j’ai choisi de m’occuper des graphistes, pas des autres #ChacunSaMerde. 😉

  • @Yamo >

    NB : je n’ai pas dit qu’un webdesigner doit OBLIGATOIREMENT savoir coder. Je dis juste que s’il ne le sait pas, ça limite.

    Je vais prendre, par analogie, un autre type de media : on m’a demandé de faire du design pour des t-shirts de sport, et d’un style plutôt graphique/underground. Après réflexion, j’ai décliné en expliquant que c’était un media particulier (type de textile, encres et techniques spécifiques, etc.) et que, sauf à augmenter le devis pour prendre en charge ma formation, il valait mieux qu’il fasse appel à un designer textile. J’aurais pu, bien évidemment faire un design et voir, par après, ce qui est réalisable, mais j’estime que ces retours sont autant de perte de temps (et d’argent) pour moi et pour mon client, et qu’ils peuvent être source de frustrations et d’énervement.

    Il est à noter également que, sur cette question de nécessité, grand nombre des innovations graphiques existantes sur le web aujourd’hui (je pense à l’effet parallaxe par exemple) sont le fruit de web designers qui sont codeurs.

    Bien évidemment, je me place du côté de l’innovation puisque c’est mon dada –et comme cela que choisi mes projets–, mais je ne dis pas que tout le monde doit faire ce choix-là.

    Toutefois, j’ai tendance à penser que c’est en faisant de la veille et en testant les possibilités du code que nous serons à même de proposer des design plus pertinents, et d’améliorer nos rapports avec les intégrateurs et les développeurs (après tout, c’est nous qui créons les interfaces, pourquoi ce seraient à eux de faire l’effort de nous comprendre ?).

    Chacun son métier, c’est vrai. Je ne suis pas à dire que je m’éclate à coder lorsqu’il s’agit d’une intégration de base (du type site vitrine), sauf quand il s’agit de défis de code sur des projets innovants. Mais je pense aussi, quitte à m’attirer des foudres, que si nous étions plus à réagir comme cela en France, le webdesign français s’en porterait mieux.

    Mais effectivement, ce n’est ni une « bonne » réponse, ni une réponse tout court, ni même le débat ici 🙂

  • @Yamo, je comprends ton point de vue. Mon commentaire est juste là pour dire que les jeunes webdesigners (par exemple) servent souvent de repoussoir aux bonnes pratiques (quel se soit le métier). Mais là au final, pour le coup, on n’est plutôt entre adultes, donc, je ne vois pas l’intérêt de repartir sur le fait que les jeunes sont jeunes et peu expérimentés 😉

  • Bruno > Je souligne cet état de fait à dessein et parle souvent des (et aux) « jeunes » car je fais partie de ceux qui pensent que justement ce n’est pas une fatalité mais plutôt un défaut (énorme) de formation. Aussi je considère au contraire comme d’un très haut intérêt d’en parler dès que possible, voire de le ressasser, en espérant un jour faire bouger les choses à ce niveau là.

    Ce n’est clairement pas aux adultes expérimentés (à toi, aux autres) que je m’adresse, ici ou ailleurs. Même si c’est à vous que je m’adresse, je n’ai rien à apprendre. Si je prends la peine de m’exprimer en public, c’est précisément dans l’espoir que ça tombe dans l’oreille de jeunes lecteurs qui éviteront peut-être ainsi une partie des pièges et des écueils d’un lancement en freelance. C’est du reste la motivation principale de toutes mes initiatives du même genre.
    Quand j’ai commencé j’ai eu la chance de tomber sur quelques bonnes personnes et bons conseils. Ca a peut-être suffit à faire la différence. J’essaye juste de rendre la pareille.

    À ta différence (si j’ai bien compris), c’est si on discutait maintenant « entre adultes » que je ne verrais aucun intérêt à l’exercice.

  • faute de frappe : « je n’ai rien à VOUS apprendre »

  • Juste une question : si le métier et les compétences d’un webdesigner ne comprennent pas le fait de maîtriser HTML / CSS, qu’est-ce qui fait de lui un webdesigner (plus qu’un graphiste) ?

    Qui pourrait prétendre comprendre le support web sans comprendre et maîtriser parfaitement le langage qui le construit ?

    C’est vrai, les points d’ergonomie web, d’étude de la cible du produit, etc… sont des points fondamentaux pour la conception d’une interface web, mais à mon avis, tout autant que la connaissance approfondie de HTML, CSS, et certains diraient même Javascript (le web est un support interactif, un webdesigner doit être un minimum attentionné à l’interaction dans les interfaces qu’il crée).

    Ce que j’ai vu, (et je vais un peu reprendre Christophe) c’est que les « webdesigners-qui-ne-touchent-pas-au-code »‘ font des maquettes peu adaptées pour l’intégration et qu’au final, l’intégrateur à besoin d’éclaircir pas mal de choses avec le webdesigner en question : donc plus de blabla, plus de retouches, plus de perte de temps, moins de rentabilité.

    Enfin, ce n’est qu’un point de vue, à la limite du sujet abordé dans ce billet.

    Sinon j’aime beaucoup le « pour moi “graphiste” est un peu au design ce qu’est le Minitel au web, un truc bien français, qui a eu ses mérites et son heure de gloire, voire un statut de pionnier, mais qu’il faudrait franchement penser à mettre à jour voire au placard ».

  • Bon on ne va pas retomber dans le débat webdesigner /intégrateur.

    Chacun à sa vision de la chose.

    Je pense que je n’ai pas besoin de maitriser le code pour être un designer, par contre connaître ses limites, les contraintes ect. pour produire des design intégrable ça oui.

    Mais je n’ai pas besoin de savoir le faire.

    Vous êtes un concepteur/ergonome de talent, un créatif de génie et en plus un intégrateur hors norme ? et bien bravo, c’est un profil qui donne envie.

    Pour ma part j’ai choisis de me spécialiser et de laisser à d’autre spécialiste le soin de faire ce qu’ils savent très bien faire.

  • Enguerran > Ce n’est plus vraiment le sujet je pense ! 😉 J’ai également écrit un article sur le sujet l’année dernière: Le web designer doit-il savoir coder ? et c’était d’ailleurs le sujet de ma conf au ParisWeb. Il y a déjà pas mal de commentaires sur l’article en question, tu verras que les avis, là encore, sont partagés ! 😉

  • Enguerran, ta vision du métier se défend mais n’est qu’une face de ce que peut être un webdesigner, un positionnement parmi d’autres.

    On tombe ici dans le débat que j’évoquais plus haut ; polyvalence versus spécialisation, chaque choix ayant ses raisons d’être, l’erreur se situant par contre dans le fait de croire qu’il n’y en a qu’un de valable.

    Lorsqu’on se met à travailler sur des projets d’une certaine ampleur, on comprend très vite que la polyvalence elle aussi comporte ses limites, de très grosses limites parfois.
    Lorsqu’on est inclus à des équipes larges, on est là pour une expertise précise, pas un côté touche-à-tout, ce qui n’empêche en RIEN d’avoir une vision globale d’un projet, si c’est ce pour quoi on est choisi. L’expertise dont je parle plus haut peut très bien être celle d’un leader de projet, ou d’un concepteur créatif au sens large.

    En l’occurrence, j’ai commencé comme beaucoup de monde en tapant dans les aspects les plus « dev » et techniques de notre métier autant que dans l’aspect créatif. J’ai appris à coder des pages en même temps que j’apprenais à les designer.
    Si j’ai lentement laissé tomber la « maîtrise parfaite du code » (qui date, en ce qui me concerne, des tables HTML et de l’AS 1.0), c’est tout simplement parce que mes clients n’en avaient plus rien à foutre que je sache faire ça, puisqu’ils avaient de développeurs et des intégrateurs de plus en plus pointus de leur côté.
    Je ne tape jamais une ligne de javascript, le CSS me donne des boutons.
    Et pourtant, parce que ne pas faire ne veut pas dire ne pas savoir ce qu’il est possible de faire, je suis résolument un graphiste 100% online, travaillant essentiellement sur des interfaces de sites, des portails, des animations et des jeux en ligne. Mes compétences dans ce domaine particulier sont clairement positionnées du point-de-vue de mes clients, et je t’assure qu’au sein des agences, un profil comme le mien n’a rien (mais alors rien) à voir avec celui d’un graphiste ou DA « non web », genre print ou pub, qui n’aurait pas passé 10 ans à ne faire que ça. Là encore, si un client me contacte, c’est pour une bonne raison.

    Le fait est qu’un DA online, tout le temps qu’il ne passe pas à apprendre le javascript ou à se casser les couilles avec les balises valides, il le passe à apprendre autre chose, de tout aussi utile : faire de la veille graphique, combler ses lacunes artistiques, élargir sa culture, expérimenter de nouveaux traitements d’images, de nouvelles thématiques, affiner sa maîtrise des softs graphiques, sa compréhension des problématiques marketing on son rapport à la clientèle…
    Au final il n’est sûrement pas moins compétent qu’un autre, il est juste compétent différemment.

    Quant à ton idée qu’un tel graphiste serait voué à livrer des maquettes difficilement exploitables, c’est encore le fait (excuse-moi) d’une ignorance de la diversité des profils qui existent qui te mène à la généralisation.
    L’inverse serait tout aussi absurde, à considérer qu’un développeur ne maîtrisant pas les courants modernes de l’art, le dessin à la tablette ou les brosses photoshop serait incapable d’intégrer correctement une charte graphique.
    Ou de s’étonner qu’un designer d’automobiles ne sache pas lui-même assembler un moteur hybride.

    Alors ok, on s’entend, j’ai tendance à critiquer un peu le côté trop « arty » des graphistes à la française, mais ce n’est pas du tout sur le terrain de la technique (ils en ont aussi, et beaucoup, en général), c’est plutôt sur un terrain culturel et commercial.

    Donc pour revenir au sujet de départ (comme ça on reste dans les clous de l’article) ; tu as le droit de considérer ta pratique du webdesign comme bon te semble, de l’assembler à partir des compétences qui te paraissent les plus pertinentes, c’est un positionnement parmi d’autres.
    Là où ça me chiffonne, c’est lorsque ce « choix », parce qu’il est présenté comme une évidence, un passage obligé, comme dans ton commentaire en fait, trahi possiblement que la personne qui s’en réclame n’a rien vraiment « choisi ». Elle a cru comprendre que son métier était comme ça et pas autrement, que c’était ça et seulement ça qu’il était possible de présenter si on voulait faire de la qualité, ça qu’attendent tous les clients.
    Ce qui fait qu’au final il n’y a plus de positionnement, sinon par défaut…

    Au bout d’un moment, quand on a croisé des profils, des demandes et des problématiques différentes, on finit par se rendre compte qu’il y a toujours plusieurs façon d’exercer un métier et on se met à *vraiment* choisir vers quoi on se développe.

    Non, un graphiste online n’est pas obligé de savoir concrètement coder en CSS ou en javascript pour faire correctement son métier, voire pour y réussir. il y a des tas de degrés ente être hermétique à la technique et être plus technicien qu’un technicien…

  • Erf, pour moi c’était un peu et toujours le même sujet, finalement. Mais je ne savais pas que ce débat précis avait déjà été lancé dans un article précédent, donc désolé pour ma longue réaction si elle était HS….

  • (dsl si je suis un peu HS ou si je fais de la redite, pas eu le temps de tout lire les commentaires)

    J’ai faim, j’ai envie d’un steak.

    Alors, je demande à plusieurs bouchers de me donner un steak pour savoir qui aura le meilleur, celui que je serais prêt à acheter (mais avant j’aurai aussi demandé les prix, afin de mettre une petite pression marchande sur mes bouchers, je suis pas la moitié d’un con !).

    Je fais ça parce que avant, j’ai acheté un steak pas cher à un boucher, un ptit jeune qui débutait et qui vendait de la viande dans la rue, sous son manteau sale. Mais ce bout de viande, mal taillé, assez gras et qui manquait de gout m’a rendu malade en plus. Salop de pauvre. On ne peut plus faire confiance à personne.

    __

    Les jeunes graphistes, si vous voulez faire vos armes et être prêt à bosser pour rien, gratuitement, il y a une foule d’asso, non commerciales et rendant des services à la communauté qui n’ont pas de budget. Là vous pouvez faire vos armes.
    Pour le reste, respectez vous ! Web ET print.

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